Pourquoi le Hamas a gagné

Publié le par Adriana Evangelizt

Vous trouverez après notre commentaire un excellent article paru sur La Croix d'après une analyse de la jeune doctorante Aude Signoles spécialiste du Moyen-Orient.

Le Hamas a gagné et tous les dirigeants de l'Occident semblent stupéfaits voire interloqués. Jamais nous ne regardons la télévision car les présentateurs ne sont que des robots qui lisent leur prompteur et leur soumission au tronquage de l'information nous agace profondément. La preuve encore ce soir. La "speakerine" était la faille de Michel Drucker et Dany Saval. Encore une qui n'a pas été pistonnée... Elle devait interviewer un des chefs du Hamas qui attendait patiemment son heure dans son costume bleu-nuit. La première question fusa... "Est-ce que la destruction d'Israël fait toujours parti de votre programme ?" L'homme a commencé à expliquer que puisque la communauté internationale était incapable de faire cesser l'occupation israélienne, il n'y avait que le Peuple Palestinien qui devait se battre pour son pays. La réponse n'a pas semblé plaire à la "speakerine", elle a reposé à peu près la même question que la première fois... ne nous a pas échappé que l'homme sentait bien qu'il n'était pas compris. Il a recommencé à expliquer... l'Occident était vraiment incroyable, il semblait oublier que la Palestine était sous occupation, que des femmes et des enfants mourraient sous des bombes et des missiles... là, elle lui a carrément coupé la parole en disant qu'il ne répondait pas à la question ! Incroyable mais vrai. Et désolant. Car il n'est un secret pour personne que Mahmoud Abbas avait été pratiquement posé sur le trône par les USA et l'Union Européenne... un homme servile qui parlait de négociations alors que depuis plus d'un demi-siècle aucune négociations n'ont abouti pour la simple raison que l'idéologie sioniste ne veut pas la paix mais la terre. On colonise et opprime à tour de bras obligeant un Peuple à se rebeller et un autre à subir les méfaits de cette politique dévastratrice. Le Hamas, lui, c'est sûr n'est pas comme les dirigeants corrompus de l'Autorité palestinienne, il se bat depuis toujours contre l'occupation. Et c'est sans compter que ses programmes sociaux avec une belle gestion des hôpitaux, des écoles et des plus démunis pourrait être un exemple pour le Fatah.  Le Hamas, aujourd'hui, met nos dirigeants devant les responsabilités qu'ils n'ont jamais su assumer. Où est-elle la Feuille de route ? Que sont devenus les accords d'Oslo ? Et bien avant cela, où sont passées les premières résolutions de l'Onu sur la partition de la Palestine ? Si le Hamas a été élu c'est que le Peuple Palestinien ne supporte plus l'occupation israélienne avec tout ce qu'elle comporte de restrictions, d'exactions et de crimes. La communauté internationale -dont nous ne faisons pas partie car nous la trouvons lâche- devra désormais composer avec le Hamas et faire en sorte que la décolonisation commence vraiment et que la Palestine devienne un pays, enfin...

Les raisons de la victoire du Hamas

par Agnès Rotivel

En votant majoritairement pour le Hamas, les Palestiniens ont montré que leur priorité était d’en finir avec l’occupation. Le succès du Hamas bouleverse la donne politique. Ce mouvement doit maintenant former un gouvernement. L'inquiétude domine en Israël, en Europe et aux États-Unis

En votant dans le calme, les Palestiniens ont plébiscité le mouvement de la résistance islamique, Hamas, qui a remporté jeudi 26 janvier une victoire écrasante, bousculant l’hégémonie du Fatah, le parti du président Mahmoud Abbas. Avec 76 sièges sur 132, le Hamas a obtenu la majorité absolue au Conseil législatif palestinien (Parlement).

L’ampleur de la défaite du Fatah ne faisait jeudi l’objet d’aucune contestation puisque, avant même la publication officielle des résultats, Mahmoud Abbas a demandé en début d’après midi au groupe islamiste de former le prochain gouvernement, après avoir accepté la démission de son premier ministre, Ahmed Qoreï.

Le Hamas indiquait de son côté qu’il était prêt «à travailler» avec le Fatah. «Nous commencerons très prochainement d’intenses consultations avec le président Mahmoud Abbas, les frères du Fatah et les autres groupes palestiniens pour nous entendre sur la nature du partenariat politique de la prochaine étape», déclarait jeudi Ismaïl Haniyeh, chef de file du Hamas.

Cette victoire écrasante n’est pourtant pas une surprise pour les connaisseurs de la région. « Elle était attendue, même si les observateurs internationaux espéraient un sursaut du Fatah », explique Aude Signoles, maître de conférence et chercheur à l’École des hautes études en sciences sociales (1).

«Le Fatah s’est sabordé, on ne peut pas dire autrement»

« Ces élections s’inscrivent dans le cadre d’un processus électoral qui a débuté il y a un an avec les élections municipales. C’est à ce moment-là qu’a commencé le raz de marée du Hamas. Ce résultat correspond à un mouvement de fond dans la société palestinienne dont la priorité aujourd’hui est d’en finir avec l’occupation. Avant, ce qui était important pour les Palestiniens, c’était la construction d’un État et la mise en place d’institutions. Mais depuis cinq ans, c’est l’occupation des Territoires qui affecte leur quotidien avec les privations, la hausse du chômage, le rationnement et surtout l’impossibilité de circuler. »

« Si, en 2003, l’armée israélienne s’est retirée des villes palestiniennes, elle s’est installée à la sortie des villes. Aujourd’hui, il est devenu presque impossible aux Palestiniens d’en sortir en voiture, ce qui paralyse aussi le trafic des marchandises. À la sortie de Ramallah, il y a un grand parking, une file pour le passage des VIP, pour les femmes et les hommes à pied et des immenses parkings de voitures. La ville de Bethléem est désormais entourée d’un mur. C’est contre tout ça que les Palestiniens protestent. Le Hamas, avec le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), est le seul, poursuit Aude Signoles, à avoir maintenu un discours clair sur la fin de l’occupation israélienne alors que le président Mahmoud Abbas a réclamé la reprise des négociations. En vain. »

Vote de protestation contre l’occupation israélienne, certes, mais pas seulement. Les Palestiniens ont dit aussi leur désapprobation de la gestion du Fatah, parti historique et jusque-là tout-puissant. Son image n’a cessé de se dégrader. « Le Fatah s’est sabordé, on ne peut pas dire autrement », estime Aude Signoles.

Le Hamas bénéficie d’une image de «très bonne moralité»

Très divisé, il a très mal géré ces élections. En imposant en tête des listes électorales des personnalités réputées corrompues, le Fatah a creusé sa propre tombe, encourageant une multitude de candidatures indépendantes au sein des « dissidents ». Son autodestruction a ouvert un boulevard pour le parti islamique. « La réussite du Hamas, c’est la défaite du Fatah », analyse la chercheuse. Mais elle précise toutefois que le score très élevé du Hamas ne signifie pas pour autant que tous les Palestiniens partagent sa vision de la société, notamment sur l’instauration de la charia comme seule source ou l’une des sources de la loi.

« Le Hamas est très conservateur et tout le monde n’est pas d’accord avec ça. Mais il est vrai que dans le climat qui règne dans les Territoires, caractérisé d’un côté par la poursuite des bombardements israéliens, de l’autre par l’action des bandes armées palestiniennes et de petits délinquants, les gens souhaitent davantage d’ordre et ne sont pas contre le parti qui fait régner la sécurité », conclut l’universitaire.

Le Hamas, a contrario, bénéficie d’une image de « très bonne moralité » sachant gérer les hôpitaux, les écoles et donnant à tous ceux qui sont dans le besoin. Cependant, son discours concernant une éventuelle négociation avec Israël reste encore très flou et souvent contradictoire en fonction des personnalités qui s’expriment. Ce qui prouve qu’il n’y a pas unanimité sur cette question au sein de ses instances.

Il était encore trop tôt, jeudi, alors que le mouvement islamiste appelait à la formation d’une coalition avec le Fatah, pour savoir qui, de la faction «pragmatique» ou de «l’aile dure» dominera le gouvernement. Mais ses premières déclarations et ses premiers gestes seront regardés à la loupe.

Agnès ROTIVEL

(1) Elle a écrit Les Palestiniens, aux éditions Le Cavalier bleu, coll. «Idée reçues», 127 p., 9 €.

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La vie politique palestinienne depuis la mort de Yasser Arafat

11 novembre 2004 : À la mort de Yasser Arafat, Mahmoud Abbas, secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine, est nommé chef de l’OLP.

23 décembre : Percée du Hamas face au Fatah, lors des premières élections municipales depuis une trentaine d’années.

9 janvier 2005 : Mahmoud Abbas, candidat du Fatah, remporte l’élection présidentielle boycottée par le Hamas et le Djihad islamique.

8 février : Sommet israélo-palestinien de Charm-El-Cheikh, en Égypte. Abbas et Sharon annoncent la fin des violences.

16 mars : Israël transfère aux Palestiniens le contrôle sécuritaire de Jéricho, puis de Tulkarem en Cisjordanie.

26 mai : Rencontre Bush-Abbas à la Maison-Blanche.

4 juin : Le report des élections législatives provoque la colère du Hamas, qui avait annoncé sa participation au scrutin.

21 juin : Sommet Abbas-Sharon à Jérusalem.

15 au 23 août : Israël évacue les 21 implantations juives de la bande de Gaza et quatre colonies isolées en Cisjordanie.

12 septembre : Retrait des troupes israéliennes de la bande de Gaza, après trente-huit ans d’occupation.

25 novembre : Réouverture du terminal de Rafah, unique débouché de la bande de Gaza vers l’étranger, grâce à un accord israélo-palestinien.

28 décembre : Le Fatah présente une liste des candidats aux législatives, conduite par l’un de ses chefs emprisonnés, Marouane Barghouti.

1er janvier 2006 : Fin de la trêve des attaques contre Israël.

3 janvier : Coup d’envoi de la campagne électorale. À Gaza, rapts d’étrangers et affrontements armés entre activistes et forces de sécurité.

4 janvier : Hospitalisation du premier ministre israélien Ariel Sharon, victime d’une hémorragie cérébrale.

17 janvier : Le premier ministre israélien par intérim, Ehoud Olmert, affirme qu’il veut ouvrir des négociations avec Mahmoud Abbas « pour un règlement définitif » du conflit après les élections palestiniennes et israéliennes, ces dernières étant prévues pour le 28 mars.

Sources : LA CROIX

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans HAMAS

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