Le Hamas fait cavalier seul

Publié le par Adriana Evangelizt

Le Hamas fait cavalier seul

par  Rania Adel

 

Le Hamas a de moins en moins de chances de composer un gouvernement de coalition alors que le délai pour former l’exécutif touche à sa fin.

Près de deux mois après les législatives palestiniennes, les consultations du Hamas avec les différents groupes parlementaires n’aboutissent toujours pas. Le Hamas se trouve donc dans une position délicate, alors qu’il est sommé de former un gouvernement au plus tôt. Face à cet état des lieux, les dirigeants du Hamas ont affirmé dimanche être prêts à présenter avant la fin de la semaine prochaine un gouvernement au Conseil Législatif Palestinien (CLP, Parlement) en cas d’échec des discussions sur la formation d’un cabinet d’union nationale. « Le Hamas, qui préfère former un gouvernement d’union nationale, est en train de négocier avec toutes les factions. Si cela s’avère impossible, nous sommes prêts à présenter un gouvernement avant la fin de la semaine prochaine », a déclaré le porte-parole en Cisjordanie du groupe radical, Farhat Assaad.

Le gouvernement qui sera formé par le Hamas devrait être composé de technocrates, de personnalités indépendantes et d’experts non issus du Parlement. Le leader du groupe islamiste et le premier ministre désigné, Ismaïl Haniyeh, avaient dit : « Nous voulons un partenariat politique et que chacun prenne ses entières responsabilités envers le peuple palestinien ».

Mais si le Hamas tente de créer un gouvernement de coalition, il est improbable qu’il y parvienne, le Fatah ayant rejeté samedi son programme, car il ne répond pas aux demandes du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbass, et de la communauté internationale. Le Fatah s’est également dit prêt à former le prochain cabinet. « Les positions du Hamas sont restées telles quelles », a déclaré le chef du groupe parlementaire du Fatah, Azzam Al-Ahmad. « Le Hamas n’a pas présenté, lors des précédentes réunions, un programme qui permettrait de former un gouvernement de coalition ».

« Le Fatah proposera de former lui-même le prochain gouvernement ou chargera une personnalité indépendante, qui respecte le programme de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), de le faire si le Hamas n’y parvient pas ou renonce à le faire », a ajouté M. Ahmad.

Le Fatah préconise la négociation avec Israël pour parvenir à un règlement de paix, alors que le Hamas juge que « les précédentes négociations n’ont pas permis de satisfaire le minimum des demandes des Palestiniens » et affirme que la reconnaissance de l’Etat hébreu « n’est pas du ressort d’une faction seule, ni d’un gouvernement seul, mais d’une décision du peuple palestinien ». La communauté internationale exige du Hamas qu’il « renonce à la violence », reconnaisse Israël et les accords passés entre l’Autorité palestinienne et l’Etat hébreu, et lui demande d’accepter la tenue de négociations de paix avec Israël.

Outre le refus du Fatah, une confusion concernant le programme du Hamas avait régné suite à une rumeur révélant son refus par le dirigeant palestinien parce que les principaux points politiques ne sont pas clairs. Mais le porte-parole de M. Abbass, Nabil Abou-Roudeina, et le mouvement radical avaient immédiatement démenti ces informations. « Nous démentons les informations concernant le rejet par M. Abbass du programme présenté par le Hamas », a déclaré Abou-Roudeina. Le porte-parole du Hamas, Sami Abou-Zouhri, a lui aussi contesté ces informations, indiquant que cette rumeur tentait de « porter atteinte » aux relations entre le groupe radical et M. Abbass.

M. Haniyeh, tête de liste du Hamas aux législatives, a été désigné le 21 février par M. Abbass pour former le nouveau cabinet. Vendredi, les deux hommes avaient repris à Gaza leurs discussions en vue de la formation du cabinet, au cours desquelles le chef du Hamas avait remis un document écrit à M. Abbass précisant les lignes de son programme. M. Haniyeh avait affirmé que la rencontre avec M. Abbass avait été « positive ». « Elle reflète des relations normales entre le (futur) gouvernement et la présidence de l’Autorité palestinienne, basées sur la coordination et le dialogue ».

L’entrée en fonction du prochain gouvernement devrait signaler en effet le début d’une ère de cohabitation sans précédent entre un président de l’Autorité palestinienne issu du Fatah et un cabinet dominé par le Hamas. Aux termes de la loi fondamentale, M. Haniyeh dispose d’un délai de trois semaines pour former un gouvernement, et éventuellement de deux semaines supplémentaires. Il devra donc achever la formation du gouvernement le 28 mars.

Soutien politique

L’Union européenne déclare continuer à soutenir financièrement les Palestiniens sans cependant assouplir ses principes. C’est-à-dire qu’elle ne va pas retirer le mouvement islamiste de sa liste d’organisations terroristes sauf « s’il renonce à la violence et reconnaisse l’Etat d’Israël ». L’Arabie saoudite a assuré pour sa part qu’elle soutiendrait le Hamas politiquement et financièrement et ce, lors d’une visite d’une délégation du mouvement radical palestinien à Riyad.

Le ministre des Affaires étrangères, le prince Saoud Al-Fayçal, a affirmé lors d’une rencontre avec la délégation conduite par le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal, que Riyad « maintient son engagement de soutenir le peuple palestinien politiquement et financièrement », a précisé Ezzat Al-Richek. « Nous sommes totalement confiants que le royaume, ainsi que d’autres Etats arabes et islamiques se tiendront aux côtés du peuple palestinien », a dit M. Richek.

M. Richek, également membre du bureau politique, a salué la position de l’Arabie saoudite envers son mouvement malgré les pressions américaines pour tenter de l’isoler sur la scène internationale.

Il s’est abstenu de préciser si les responsables saoudiens avaient appelé le Hamas, qui ne reconnaît pas Israël, à accepter un plan de paix arabe présenté par l’Arabie saoudite au sommet de Beyrouth en 2002.

« L’initiative arabe adoptée au sommet de Beyrouth a été dédaignée par Israël. Un jour après son adoption au cours du sommet, le premier ministre israélien, Ariel Sharon, envahissait la Cisjordanie », a souligné M. Richek. L’Etat hébreu « a rejeté ce plan et a ignoré toutes les initiatives » de paix, a-t-il ajouté. Le plan de paix qui avait été proposé par Riyad offrait à Israël la paix et l’établissement de relations normales avec les pays arabes à condition que l’Etat hébreu se retire de tous les territoires arabes qu’il occupe depuis 1967.

La nouvelle situation créée au Proche-Orient par la victoire du Hamas aux élections législatives palestiniennes du 25 janvier doit figurer au menu des discussions des dirigeants arabes lors du sommet de Khartoum (28-29 mars), qui coïncidera avec les élections israéliennes.

Sources : AL AHRAM

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans HAMAS

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