Catastrophe humanitaire à Gaza
Une catastrophe humanitaire causée par l'opération militaire israélienne depuis quatre jours successifs
GAZA. 1 juillet 2006. La bande de Gaza n'est plus qu'à trois jours d'une crise humanitaire catastrophique si Israël ne rétablit pas rapidement l'approvisionnement en carburant et en électricité à cette zone densément peuplée après le lancement de son offensive pour récupérer un soldat enlevé, a averti Jan Egeland, secrétaire général adjoint de l'Onu aux Affaires humanitaires.
"Ils s'acheminent vers l'abîme si l'électricité et le carburant ne sont pas rétablis", a estimé Egeland.
"J'ai bon espoir que ni l'un ni l'autre des deux camps ne souhaitent voir une hausse massive de la mortalité dans la bande de Gaza", où les enfants représentent la moitié des 1,4 million d'habitants, a déclaré Egeland à des journalistes au siège des Nations unies à New York.
Au coeur de la crise, a-t-il dit, se trouve le bombardement par Israël de la seule centrale électrique de la bande de Gaza, qui fournit 40% de l'électricité au territoire. Le reste de l'électricité est importé d'Israël.
Environ 130 puits, dans la bande de Gaza, ont besoin d'électricité pour pomper l'eau, et si certains ont des groupes électrogènes qui fonctionnent au diesel, Israël n'a autorisé l'entrée d'aucun carburant dans la bande de Gaza depuis quatre jours. Sans eau pure par ce temps estival chaud, "Nous assisterons dans quelques jours à une crise humanitaire majeure", a dit Egeland
Des obus israéliens ont détruit le principal transmetteur électrique de la bande de Gaza jeudi soir et ce transmetteur fournissait de l'électricité aux villes de Beit Hanoun, Beit Lahia et Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza et sa destruction a entraîné des coupures de courant pour les deux tiers de la population de la région.
Israël avait déjà détruit la seule centrale électrique de Gaza mercredi par des attaques aériennes.
Walid Sayel, directeur de la centrale électrique de Gaza a estimé à plus de 20 millions de dollars les pertes liées à la destruction de la centrale et du transmetteur.
De plus, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a demandé vendredi l'acheminement de médicaments et de fournitures médicales dans la bande de Gaza aux autorités israéliennes. Selon un porte-parole du Comité, Israël est tenue par le droit international, et notamment les Conventions de Genève, de garantir l'accès d'une aide d'urgence aux civils palestiniens.
"Nous négocions avec Israël pour autoriser l'aide humanitaire. Nous avons des médicaments et des fournitures médicales essentiels pour le Croissant-Rouge palestinien", a déclaré Dorothea Krimitsas.
"Nous sommes préoccupés par les conséquences humanitaires de l'escalade de la violence et de la fermeture des points de passage menant à Gaza, particulièrement de Karni", a ajouté la porte-parole.
Karni est le principal point de transit commercial entre Israël et la bande de Gaza, soumise depuis mercredi à une offensive de l'armée israélienne visant à récupérer le soldat Gilad Shalit.
Des ponts, des conduites d'eau et la principale centrale électrique du territoire palestinien ont été détruits par l'aviation israélienne, accentuant les difficultés des quelque 1,4 million citoyens de Gaza.
Selon le CICR, les hôpitaux en sont réduits à fonctionner sur groupes électrogènes, au risque de tomber à court de carburants. D'après des estimations palestiniennes reprises par le Comité international de la Croix-Rouge, les stocks ne permettraient pas de tenir plus de sept ou dix jours.
Egalement , l'Organisation Islamique pour l'éducation, les Sciences et la Culture (ISESCO) a dénoncé fortement les raids israéliens qui avaient détruit des infrastructures civiles dans la Bande de Gaza.
Lors d'un communiqué de presse, ISESCO a dénoncé l'offensive israélienne qui a visé le principal transmetteur électrique dans la bande de Gaza. Elle a appelé la communauté internationale à intervenir pour mettre un terme à l'Occupation israélienne, permettant au peuple palestinien d'établir son état indépendant avec Jérusalem pour capitale.
D'autre part, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a déclaré sa grande préoccupation de "l'escalade dangereuse" depuis quelques jours dans les territoires palestiniens occupés.
Lors d'un communiqué publié jeudi, il appelle toutes les parties à chercher sans attendre les voies d'une désescalade progressive et à respecter le droit international humanitaire.
Les opérations contre une centrale électrique qui privent la population de la Bande de Gaza d'électricité et d'eau courante contreviennent "sans contestation possible" au droit humanitaire international, écrit le DFAE.
L'arrestation de ministres, de parlementaires et de maires de l'Autorité Nationale palestinienne est "très problématique". L'internement de personnes civiles et de représentants des autorités n'est tolérable qu'à la condition que des intérêts de sécurité contraignants ou que des activités pénalement répréhensibles l'exigent.
Le DFAE condamne fermement tous les actes de violence à l'encontre de la population civile, quels qu'en soient les auteurs.
De son côté , la France a exhorté hier Israéliens et Palestiniens à faire "des gestes" pour favoriser la "désescalade" de la tension, demandant à la fois la libération du soldat israélien capturé dimanche et celle des ministres et députés palestiniens du gouvernorat arrêtés jeudi par les forces de l'occupation.
"Tout cela va dans un sens qui n'est, de notre point de vue, pas positif et qui ne fait que compliquer la donne et accroître la tension entre Palestiniens et Israéliens", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Mattei, lors du un communiqué de presse.
"Nous demandons aux deux parties d'en revenir au dialogue politique", a-t-il ajouté.
"Il est clair que si ce soldat israélien était libéré, ce serait un moyen de favoriser une désescalade. De la même façon que, du côté israélien, il est souhaitable que l'on fasse preuve de retenue (...) nous souhaitons que ces responsables politiques (du Hamas) soient libérés", a déclaré M. Mattéi.
La situation au Proche-Orient devait faire l'objet d'un débat public dans la journée au Conseil de sécurité des Nations unies, mais "je ne peux pas vous dire si cela va déboucher sur un texte ou sur une prise de position du Conseil de sécurité", a souligné le porte-parole, rappelant qu'une résolution risquait d'être rejetée.
Il a précisé qu'une déclaration de l'Union européenne était imminente et devrait lancer "un appel aux deux parties pour qu'elles fassent preuve de retenue".
B'Tselem, le Centre israélien d'informations pour les droits de l'Homme dans les territoires occupés, a demandé au Ministre de l'armée israélienne, Amir Peretz , de ne pas bombarder les infrastructures civiles qui fournissent des services indispensables à la population palestinienne dans la Bande de Gaza.
Il a indiqué qu'Israël avait le droit à prendre toutes les mesures légales pour libérer le soldat enlevé. "Cependant,Israël se doit d'éviter les mesures qui violent le droit humanitaire internationale, qui interdit toute attaque contre la population civile."
Sources : IPC
Posté par Adriana Evangelizt