Le conflit entre Israël et le Hezbollah se durcit
Le conflit entre Israël et le Hezbollah se durcit
JERUSALEM/BEYROUTH (Reuters) - Israël a multiplié jeudi les frappes aériennes au Liban, lui imposant un blocus aérien de facto en plus d'un blocus maritime, tandis que le Hezbollah, qui a capturé deux de ses soldats, continuait de faire pleuvoir ses roquettes dans le nord d'Israël.
Plusieurs villages du Sud-Liban ont été touchés lors de cette flambée de violence, sans précédent sur ce front depuis 1996, quand Tsahal occupait le Sud-Liban. Les attaques de l'armée israélienne y ont déjà provoqué la mort de 52 civils libanais, dont plus de 15 enfants, et 110 personnes ont été blessées.
En réaction, le Hezbollah a multiplié les tirs de roquettes - 85 selon la police - sur vingt localités frontalières, tuant deux civils et faisant quelque 90 blessés, a-t-on appris de source médicale. Les autorités ont ordonné aux habitants vivant en Galilée de se rendre dans des abris.
L'armée israélienne a rapporté que le port d'Haïfa, troisième ville israélienne, avait été touché par deux roquettes mais le Hezbollah a affirmé ne pas être l'auteur des tirs.
A la demande de Beyrouth, le Conseil de sécurité des Nations unies a convoqué pour vendredi une réunion d'urgence au cours de laquelle Israël et le Liban seront invités à s'exprimer.
Après ces 24 heures de pilonnages mutuels, le gouvernement libanais a réclamé, par la voix du ministre de l'information, Ghazi al Aridi, un "cessez-le-feu global" au Sud-Liban entre Israël et les combattants du Hezbollah.
L'aviation israélienne a néanmoins largué des milliers de tracts sur les faubourgs sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, invitant les habitants à s'éloigner des locaux du mouvement. L'ancien chef du Hezbollah, Abbas Moussaoui, prédécesseur du cheikh Hassan Nasrallah, avait été tué en 1992 par Tsahal.
BLOCUS
Israël a prévenu jeudi que son opération au Liban et le blocus aérien et naval seraient de longue durée.
"Il ne faut pas voir cela comme une question de jours. Cela va durer longtemps", a déclaré à Reuters le général Amir Eshel, chef d'état-major adjoint de l'armée de l'air israélienne.
L'aviation israélienne a tiré jeudi soir sur des réservoirs de carburant à l'aéroport international de Beyrouth, quinze heures après des raids aériens sur les pistes qui ont entraîné la fermeture des installations.
L'aéroport de Koulayat, dans le nord du pays, et une base militaire près de la frontière syrienne ont déjà été bombardés. Le Liban ne dispose désormais plus d'accès aérien civil ou militaire.
Des navires de guerre israéliens sont entrés dans les eaux territoriales libanaises, et trois pétroliers ont déjà été déroutés.
Trois installations de la télévision du Hezbollah al Manar ont aussi été la cible d'hélicoptères israéliens.
Israël a refusé l'offre du Hezbollah d'échanger les deux soldats enlevés, Ehud Goldwasser, 31 ans, et Eldad Regev, 26 ans, contre des prisonniers palestiniens. L'armée craint désormais que les deux militaires ne soient exfiltrés vers l'Iran.
REACTIONS DIPLOMATIQUES
La diplomatie internationale se met en branle pour tenter d'enrayer une escalade aux conséquences incalculables.
Avant l'annonce de la convocation du Conseil de sécurité, le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, a annoncé qu'il dépêchait trois émissaires au Proche-Orient. Ils débuteront leur itinéraire samedi par Le Caire, où les ministres des Affaires étrangères des 22 pays membres de la Ligue arabe ont prévu de se rencontrer pour une réunion de crise.
Le haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune, Javier Solana, va lui aussi se rendre au Proche-Orient dans les jours à venir.
Le président américain George Bush a affirmé qu'Israël avait le droit de se défendre, mais que ses actions ne devaient pas affaiblir le gouvernement libanais.
La Commission européenne a, quant à elle, exprimé son inquiétude face à l'embrasement de la région et appelé à épargner les civils.
Le chef de la diplomatie française, Philippe Douste-Blazy, a, lui, condamné jeudi "l'acte de guerre disproportionné d'Israël".
Moscou a utilisé le même adjectif pour reprocher à l'Etat juif de faire un "usage disproportionné de la force entraînant la souffrance des populations civiles".
Mahmoud Abbas et un haut responsable de la sécurité israélienne se sont par ailleurs rencontrés mardi à Amman pour tenter de mettre fin à l'offensive de Tsahal dans la bande de Gaza, a-t-on appris jeudi de source autorisée palestinienne.
Cette rencontre secrète n'a pas permis d'apaiser l'offensive sur le terrain jusqu'à présent: une frappe aérienne israélienne a détruit jeudi les bureaux du chef de la diplomatie palestinienne, Mahmoud al Zahar, signe qu'Israël entend poursuivre malgré tout son offensive sur Gaza.
Sources : Boursier com
Posté par Adriana Evangelizt