Liban : multiplication des raids terroristes israéliens
Liban : mulitiplication des raids terroristes israéliens
Dans la nuit du 13 juillet au 14 juillet 2006, l’aviation israélienne a multiplié ses frappes, de plus en plus intensives, sur le territoire libanais s’en prenant, selon Tel Aviv, à des places fortes du Hezbollah et isolant encore plus le pays désormais quasiment coupé du monde.
Cette réaction de l’Etat hébreu fait suite au bombardement de la ville de Haïfa, la troisième par son importance en Israël, sur laquelle au moins deux roquettes de longue portée tirées depuis le territoire libanais se sont abattues la veille. Un fait inédit, qualifié immédiatement par les autorités israélienne de second casus belli, le premier étant l’enlèvement de ses soldats près de la frontières libanaise qui a été à l’origine de l’ouverture de ce "second front" pour l’Etat hébreu déjà empétré dans une opération militaire à Gaza sensée porter secours à un autre soldat séquestré, le caporal Shalit.
Des quartiers et des immeubles suspectés d’abriter des cellules du Hezbollah dans le sud de Beyrouth ont été pris pour cibles par l’aviation israélienne, mais aussi des ponts, des routes, des bases militaires libanaises et des camps d’entraînement de résistants palestiniens. L’aéroport étant désormais paralysé, la chasse israélienne a bombardé la route reliant Beyrouth à Damas, coupant l’une des dernières portes de sortie du pays, qui subit également un blocus maritime. Au moins trois personnes ont été tuées et plusieurs blessées. Côté libanais, le bilan provisoire des agences de presse, s’établit désormais à près d’une cinquantaine de morts depuis le début des opérations israéliennes. Il serait d’une dizaine de personnes côté israélien : des civils tués par les roquettes du Hezbollah et des soldats tués lors d’accrochages à la frontière libanaise. Tel-Aviv accuse le gouvernement libanais d’inaction voire de complicité avec la milice chiite du Hezbollah, à la fois "parti de dieu" et force politique, dont les activités sont financées essentiellement par Téhéran.
Face à cette dégration nette de la situation au Proche-Orient, le Conseil de sécurité de l’ONU a convoqué une session d’urgence, vendredi 14 juillet 2006. Le Liban a demandé la veille au Conseil de sécurité d’adopter une résolution réclamant un cessez-le-feu et la fin des attaques israéliennes contre son territoire. "Le gouvernement réclame la fin des agressions israéliennes, qui ont tué des civils et détruit des institutions civiles et économiques vitales" dit Beyrouth dans un communiqué qui ajoute que le Liban n’est "pas responsable de ces événements" et affirme ne pas les approuver. Côté israélien, on dit ne pas s’attendre à grand-chose de cette réunion. "L’ONU a déjà dit qu’Israël avait rempli toutes les résolutions des Nations Unies jusqu’à la dernière ligne, et celui qui ne l’a pas fait c’est le Liban", a dit le vice-premier ministre israélien, Shimon Pérès. "De sorte que je ne vois pas ce que les Nations Unies peuvent faire". Le Conseil de sécurité a déjà adopté plusieurs résolutions exigeant le désarmement des milices au Liban et l’extension de l’autorité du gouvernement de Beyrouth à l’ensemble du territoire libanais, y compris dans le Sud où sont actifs des miliciens du Hezbollah, sans que cela soit suivi d’effet.
D’autres déclarations de responsables de l’Etat hébreu ont rajouté dans cette "logique de guerre" destinée à "briser" le mouvement du Hezbollah, selon l’expression du ministre de la défense, Amir Peretz. Le ministre israélien de l’intérieur, Ron Bar-On, a menacé, vendredi 14 juillet 2006, de mort le chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, annonçant à la radio qu’il avait lui-même "tranché son destin". "Nous règlerons le moment venu nos comptes avec lui" a-t-il ajouté. Le ministre de la justice, Haïm Ramon, a déclaré pour sa part à la radio militaire qu’Israël lutterait contre le Hezbollah par les mêmes moyens que ceux "utilisés par les Américains contre Oussama Ben Laden" ou par les Russes "face aux terroristes tchétchènes".
Avec Afp et Reuters
Commentaire On relèvera la cynique tactique consistant à désigner comme "terroriste" quiconque résiste à l’oppression sioniste, ce qualificatif étant censé "justifier" les assassinats et le terrorisme d’Etat israéliens. Dans cette logique, il y a donc lieu de considérer tout Israélien comme un "terroriste" susceptible d’être assassiné en toute bonne conscience. De même, on peut considérer tout juif comme un "activiste sioniste" désigné pour une "liquidation ciblée" n’importe où dans le monde. Les synagogues, les écoles juives et les commerces juifs peuvent être désignés comme des "infrastructures terroristes" et détruits par des bombes. On ne voit pas pourquoi des méthodes admises de la part d’Israël ne le seraient pas de la part de ses adversaires. Frank BRUNNER Sources : Intérêt Général Posté par Adriana Evangelizt