Le Hezbollah en guerre ouverte contre Israël
Israël a poursuivi son blocus et ses bombardements du Liban ce vendredi. En particulier à Beyrouth, et contre le chef du Hezbollah, qui lui a déclaré une guerre ouverte et a appelé les Libanais à résister. Les civils sont les premières victimes, près de 70 morts au Liban, et le Conseil de sécurité de l'ONU n'a pas demandé de cessez-le-feu.
Le Hezbollah en 'guerre ouverte' avec Israël
"Vous vouliez une guerre ouverte, vous l'aurez", a déclaré ce vendredi soir cheikh Hassan Nasrallah, s'adressant au peuple israélien. Le chef du Hezbollah libanais chiite, qui venait d’échapper à un raid de l’armée israélienne sur son QG, a ajouté : "Ce sera une guerre à tous les niveaux (...) depuis Haïfa et au-delà". Et d’annoncer pour finir que ses hommes venaient de détruire un navire de guerre israélien au large de Beyrouth. Information minimisée par Israël qui a seulement signalé "des dégâts légers". Toute la journée de ce vendredi, les deux parties ont accru leur pression sur l’ennemi. Avec notamment, pour la première fois, des bombardements israéliens sur des hangars de l’aéroport de Beyrouth. Fief du Hezbollah, la banlieue sud de la capitale a été particulièrement visée : qg, télévision, radio du mouvement chiite qui a enlevé mercredi deux soldats israéliens. Ces raids au Liban auraient fait 66 morts, pratiquement tous des civils, et 200 blessés au moins. En Israël, le bilan est de quatre civils tués, dont deux ce vendredi soir à Meron, et plus de 150 blessés. Avec plus de 300 roquettes de courte portée lancées sur une vingtaine de villes du Nord israélien. De part et d'autre de la frontière, des milliers de civils fuient ou s'habituent aux allées et venues dans des abris.
Pas de cessez-le-feu demandé par l’ONU.
Réuni en urgence, le Conseil de sécurité des Nations unies a achevé vendredi ses discussions sans demander de cessez-le-feu, ce que Beyrouth aurait pourtant souhaité. Dans une très courte déclaration lue par son président en exercice, l'ambassadeur de France à l'Onu Jean-Marc de La Sablière, le Conseil s'est "félicité" de l'envoi jeudi par le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan d'une mission de bons offices au Proche-Orient. Le Conseil de sécurité "attend avec intérêt le rapport relatif à la mission de cette équipe, qu'il espère recevoir le plus tôt possible", conclut un communiqué de presse de six lignes. Jeudi, les Etats-Unis avaient mis leur veto au Conseil de sécurité à un projet de résolution appelant à la fin de l'offensive israélienne à Gaza. Offensive meurtrière qui dure depuis plus de deux semaines pour retrouver un soldat enlevé le 25 juin par trois groupes palestiniens. A Saint-Pétersbourg, en préalable au G8, le président américain George W. Bush s'est refusé vendredi soir à faire pression sur Israël pour stopper ses opérations au Liban mais a souhaité que l'Etat hébreu épargne les populations civiles.
Dans son allocution du 14 juillet, Jacques Chirac avait expliqué avoir encouragé le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, à l’envoi de cette mission. Le président de la République qui a jugé "tout à fait disproportionnée" l'offensive israélienne au Liban. Mais qui s'est aussi interrogé ouvertement sur le soutien de "telle ou telle nation" aux extrémistes du Hamas ou du Hezbollah, visant implicitement la Syrie et l'Iran.
Pour les Français ou franco-libanais.
La France n'envisageait pas, ce vendredi, d'évacuation de son ambassade au Liban. Mais, elle a recommandé à ses ressortissants sur place d'éviter tout déplacement et de signaler leur présence. Tout voyage y est formellement déconseillé et les vols Air France sont suspendus au moins jusqu'au 23 juillet.
Le Quai d'Orsay a aussi mis en place un numéro vert d'information : le 0.800.174.174.
Selon le ministère des Affaires étrangères, 17.000 Français sont inscrits auprès des services consulaires au Liban mais, compte tenu des vacances, 14.000 environ sont présents. Auxquels il faut ajouter 5 à 6.000 touristes, Français visitant leur famille et voyageurs d'affaires.
Washington a de son côté conseillé aux ressortissants américains d'éviter de se rendre au Liban et autorisé les personnels diplomatiques et leurs familles à quitter le pays.
REACTIONS
"La principale exigence du Liban est un cessez-le-feu global immédiat et la fin de cette agression sans limite", a déclaré jeudi le ministre libanais de l'Information, Ghazi al Aridi, après une réunion d'urgence du gouvernement de Beyrouth. Le chef de l'Etat libanais, Emile Lahoud, a exhorté vendredi les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe de se porter à la rescousse du Liban qu'Israël "détruit systématiquement".
La Ligue arabe a justement décidé de se réunir d'urgence au Caire samedi, soit après le week-end du vendredi observé par la majorité des pays de la région.
Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a de son côté mis en garde contre le déclenchement d'une "guerre régionale".
Par la voix du représentant spécial de Kofi Annan pour le Liban, Gier Pedersen, l'ONU s'est déclarée jeudi "très inquiète" des "lourdes attaques et de l'escalade" menées par Israël au Liban et a appellé à une fin des hostilités pour parvenir à une solution pacifique. Kofi Annan a dépêché au Proche-Orient une mission spéciale de haut niveau et le Conseil de sécurité des Nations unies a convoqué pour vendredi une réunion d'urgence.
Les membres du quartette international de médiateurs dans le conflit au Proche-Orient - Etats-Unis, ONU, Russie, UE - mènent d'intenses consultations afin de "ne pas laisser le conflit se transformer en véritable guerre entre le Liban et Israël", a indiqué jeudi un haut responsable de la diplomatie russe.
Le président américain, George W. Bush, a affirmé, en Allemagne, qu'Israël avait "le droit de se défendre", tout en demandant à l'Etat hébreu de ne pas prendre de mesures qui pourraient mettre en danger le gouvernement libanais. Et d'ajouter que la Syrie devra "rendre des comptes".
Le président russe Vladimir Poutine a appelé vendredi "toutes les parties impliquées" dans l'escalade de violence au Proche-Orient à "arrêter immédiatement les hostilités".
L'Union européenne a jugé ce jeudi "disproportionnée" l'opération militaire lancée par Israël.
Jeudi, lors d'un entretien téléphonique avec Kofi Annan, le président Jacques Chirac a appelé "d'urgence" à "l'arrêt des violences" et à "la libération" des deux soldats israéliens. Et ce vendredi, le chef de l'Etat a qualifié d'"absolument irresponsables" le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais, jugeant "tout à fait disproportionnées" les réactions des forces israéliennes .
Philippe Douste-Blazy a lui condamné jeudi "l'acte de guerre disproportionné" d'Israël. La France appuie "la demande libanaise d'une saisine du Conseil de sécurité des Nations unies dans les délais les plus brefs", a déclaré le ministre des Affaires étrangères.
Le négociateur en chef du programme nucléaire iranien a exprimé en Syrie le soutien de l'Iran à la "résistance palestinienne et libanaise contre Israël", a rapporté jeudi l'agence officielle Irna.
Enfin, le Vatican a fermement condamné vendredi les frappes israéliennes au Liban, estimant qu'il s'agissait d'une "attaque" contre un Etat libre et souverain.
Sources : Radio France
Posté par Adriana Evangelizt