Joumblatt accuse Damas et Tel Aviv d'être d'accord pour détruire le Liban

Publié le par Adriana Evangelizt

Joumblatt accuse Damas et Tel-Aviv d’être d’accord

pour détruire le Liban

Propos recueillis par Jeanine JALKH

«La priorité est, pour le moment, à l’unification des positions et à l’unité nationale. Nous résoudrons, par la suite – après la cessation des hostilités – la question des armes du Hezbollah. »


C’est le message principal qu’a voulu véhiculer hier le leader druze, Walid Joumblatt, qui a estimé que le plus urgent pour l’instant est de trouver une solution à la violente agression à laquelle fait face le peuple libanais.
Dans une interview accordée à L’Orient-Le Jour, le chef du Parti socialiste progressiste a estimé que l’heure n’est pas aux comptes à rendre, mais plutôt à la recherche de moyens pour « défendre les citoyens et le pays ».
S’alignant sur la décision de compromis auquel est parvenu, jeudi soir, le Conseil des ministres, notamment – « le droit et le devoir du gouvernement d’étendre son autorité sur l’ensemble de son territoire, d’exercer sa souveraineté, et de prendre les décisions relatives à la protection des civils et des édifices civils » – Walid Joumblatt a tranché la question de savoir qui assume la responsabilité du déclenchement des hostilités.
« Le Hezbollah ne sera pas tenu responsable pour le moment de ses actes, surtout que le parti, voire le Liban tout entier, est soumis à des attaques violentes de la part d’Israël, a-t-il insisté. Par la suite, une fois que les hostilités auront cessé, nous pourrons alors nous asseoir à la table de dialogue et discuter avec le parti chiite, car, a-t-dit, c’est l’État et l’État seul qui doit détenir la décision de la guerre ou de la paix. »
M. Joumblatt, qui a laissé entendre que l’offensive de grande envergure lancée par l’État hébreu contre le Liban pourrait culminer par une « éventuelle invasion », a insisté sur la « nécessité d’œuvrer, en attendant, à resserrer les rangs et défendre le pays par tous les moyens qui sont à notre disposition ».


Prié de commenter la latitude de soutien du gouvernement au parti chiite dont il s’était désolidarisé mercredi dernier, le leader druze a rappelé que cette position a changé depuis. L’aval donné par la Résistance, lors de la dernière réunion du Conseil des ministres, au principe du monopole de la force armée par l’État « est une excellente chose », a-t-il dit.
Reste à définir, par la suite, avec les Nations unies, les conditions d’application de ce principe et celui du déploiement de l’armée sur l’ensemble du territoire, précise-t-il.
Malgré la complexité et la gravité de la situation sur le terrain, M. Joumblatt estime que la seule solution envisageable est la consolidation de « l’unité nationale, et, dans une seconde phase, l’extension de l’autorité de l’État sur tout le territoire, parallèlement à la redynamisation des accords d’armistice de 1949, en y introduisant notamment les amendements nécessaires. Par la suite, nous devons examiner avec le Hezbollah les moyens de l’intégrer à l’armée libanaise, dans le cadre de ce que nous avons appelé la stratégie de défense et sur base des accords de Taëf ».
Il réitère que la force n’est pas un moyen pour parvenir au désarmement du parti chiite, loin de là. « Seul le dialogue peut nous y mener », a-t-il dit, soulignant que « personne ne se faisait d’illusions sur la difficulté de parvenir à cet objectif ».

L’axe syro-iranien


Si le chef druze se refuse de commenter l’existence d’un agenda syro-iranien qui aurait guidé et motivé l’initiative militaire prise par le parti chiite à l’encontre de l’État hébreu, il souligne toutefois l’alignement quasi explicite du Hezbollah sur l’axe syro-iranien.
« J’espère seulement que sayyed Nasrallah a quand même réussi à garder une certaine marge de manœuvre qui lui permet de placer l’intérêt du Liban au-dessus des intérêts syriens et iraniens. »
Reprenant sa campagne contre Damas, le leader druze tire, une fois de plus, à boulets rouge sur le régime syrien, sans toutefois épargner l’agresseur du moment, Israël.
« Bachar el-Assad est probablement détendu en ce moment, en train de rire en voyant ce qui se passe au Liban. Il doit se dire que le Liban est, une fois de plus, “sous mes auspices”, ou qu’“il a à nouveau besoin de ma protection”. Il observe, avec grande satisfaction, les destructions que le pays subit en ce moment », ironise le chef du PSP.
Et d’ajouter : « Un Liban libre et indépendant, qui aspire à récupérer les fermes de Chebaa, et qui jouirait de son entière souveraineté à l’intérieur de frontières bien délimitées, est une chose inconcevable pour le régime syrien. »
Mettant sur un même pied d’égalité Damas et Tel-Aviv, Walid Joumblatt accuse ces deux régimes d’être « d’accord pour détruire le Liban ».
Et le leader druze de dénoncer haut et fort la poursuite par la Syrie et Israël de la « stratégie de sabotage » des velléités d’indépendance des Libanais et des Palestiniens.
« En plus de mon adversité historique envers Israël et sa politique agressive à l’égard du peuple palestinien, je ne cache pas mon mépris pour le régime syrien, notamment à cause de sa surenchère mensongère continuelle », dit-il.
À la question de savoir s’il existe un lien quelconque entre cette dernière explosion généralisée et l’enquête internationale sur l’assassinat de Rafic Hariri, le chef du PSP a répondu par la positive, soulignant qu’il s’agit effectivement d’une « diversion ». « La Syrie profite actuellement de la situation pour détourner l’attention de la question du tribunal international », conclut M. Joumblatt.

Sources : LORIENT LE JOUR

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans ISRAEL LIBAN

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