Les laissés pour compte de Haïfa
Cet article pour montrer combien les sionistes s'occupent bien du Peuple qu'ils ont acculé à la rue...
Les habitants des quartiers pauvres de Haïfa qui ont fui leurs maisons pour se réfugier dans des abris, suivant les consignes des autorités, se sentent abandonnés après avoir trouvé ces refuges fermés à clé.
"Nous avons dû défoncer les portes pour entrer", s'emporte Rivat Buganim. "Le maire ne s'occupe que de lui, pas de nous", fulmine-t-elle.
"Quand nous sommes arrivés, il n'y avait même pas de lits. Maintenant nous n'avons pas de radio ni de télévision et nous ne savons pas ce qui se passe", poursuit la femme, assise dans l'abri exigu avec son époux et ses trois enfants.
Une vingtaine de personnes sont restées dans ce refuge, situé dans le quartier Hadar, l'un des plus pauvres de la troisième ville du pays. La plupart des habitants sont des immigrants juifs russes.
Dimanche, huit employés d'un dépôt ferroviaire ont été tués par la chute d'une roquette, dans un quartier industriel de la ville, poussant ses habitants à se réfugier dans les abris et transformant cette cité habituellement animée en ville quasi-morte.
Lundi, une nouvelle salve de roquettes tirée depuis le sud du Liban s'est abattue dans divers quartiers de la ville faisant des victimes, selon un correspondant de l'AFP place.
Depuis dimanche, la population a des consignes de se tenir à l'abri et d'éviter tout déplacement, alors que l'activité économique est suspendue.
Le Hezbollah a tiré depuis mercredi plus de 450 roquettes sur des villes et des localités du nord d'Israël, qui a lancé une offensive meurtrière contre le Liban à la suite de l'enlèvement de deux soldats par le mouvement chiite Hezbollah. Elle a fait plus de 170 morts.
Alors que les habitants les plus aisés de la ville peuvent se réfugier dans des locaux privés, les plus pauvres n'ont d'autre choix, quand les sirènes retentissent, que de s'abriter dans des abris municipaux.
"Une centaine de familles a essayé d'entrer ici, toutes celles qui n'ont pas pu rentrer chez eux", explique Rivat, de retour de son domicile où elle s'est ravitaillée.
Ceux qui ne parlent que russe ne comprennent pas les appels à descendre aux abris, lancés en boucle toute la journée de dimanche. "Nous habitons au premier étage d'un immeuble. C'est mieux d'être ici ou chez nous?", se demande une vieille femme.
"Nous avons besoin d'aller faire des courses, de pain, d'eau et de cigarettes. Que puis-je faire?" ajoute-t-elle, alors qu'une de ses voisines se plaint de ne pouvoir acheter des couches pour son bébé à cause de la fermeture des magasins.
Avec la fatigue d'une courte nuit, le stress des alertes, les nerfs sont à fleur de peau. Une porte qui claque, un empiètement sur son espace sont suffisants pour donner lieu à des engueulades.
"On pense que l'on va rester ici deux ou trois semaines. La situation empire et la guerre ne fait que commencer", confie l'époux de Rivat, Etan. "Le gouvernement fait la bonne chose au Liban mais ils doivent s'occuper de nous".
Dehors, des enfants jouent à la corde sans se soucier de ce qui se passe. Dans la rue la plupart des échoppes sont fermées, presque aucune voiture ne circule et les piétons sont rares.
"Je ne veux pas retourner dans mon appartement. Ici c'est mieux", dit Oli Petrovna, 27 ans, assise avec sa mère et son enfant de quatre ans. "Nous avons été ici toute la journée hier et toute la nuit. Il est difficile de dormir avec tous ces gens", marmonne-t-elle, en lisant un journal de 1973 des alcooliques anonymes pour améliorer son anglais.
Sources : AFP
Posté par Adriana Evangelizt