Les Palestiniens se tournent vers Nasrallah
Orphelins de leurs "héros", les Palestiniens se tournent vers Nasrallah
Un jeune homme embrasse respectueusement un portrait de Hassan Nasrallah au début d'une manifestation à Gaza. Orphelins de Yasser Arafat et Ahmed Yassine, les Palestiniens portent leurs espoirs sur le charismatique dirigeant du Hezbollah chiite libanais.
"C'est lui le chef après Abou Ammar (nom de guerre de Yasser Arafat) et cheikh Ahmed Yassine", affirme Fathiya Daoud, en référence au président palestinien décédé en 2004 après plus de deux ans de siège israélien et au fondateur du mouvement islamiste Hamas, assassiné la même année par Israël.
"Il est aujourd'hui le seul qui nous soutienne après Dieu", estime cette mère de prisonnier, qui serre contre sa poitrine un portrait de son fils et un de Nasrallah, au milieu de ce défilé en faveur du Hezbollah, à l'appel du groupe radical Jihad islamique et des organisations de prisonniers détenus par Israël.
"Cher Nasrallah, fais sauter Tel-Aviv!", scande un groupe de femmes dans la procession hérissée des drapeaux noirs du Jihad islamique et des étendards du mouvement chiite, une Kalachnikov sur fond jaune, où le chef du Hezbollah incarne la vengeance.
A Ramallah, en Cisjordanie, plus de 2.000 personnes ont également manifesté à l'appel du Comité des forces nationales et islamiques, qui rassemble l'ensemble des groupes palestiniens.
"C'est le premier dirigeant arabe qui attaque Israël après Saddam Hussein", le président irakien déchu qui avait tiré des missiles Scud en 1991, rappelle Amna Amen, une autre mère de prisonnier. "Il sera le chef suprême des Palestiniens".
Vendredi soir, Hassan Nasrallah a déclaré une "guerre ouverte" contre Israël, peu après avoir échappé à un raid israélien ayant détruit ses bureaux et domicile. "Vous vouliez une guerre ouverte, vous l'aurez", a-t-il déclaré, s'adressant au peuple israélien et à son "gouvernement stupide et sans expérience".
"Hassan Nasrallah est le nouveau héros des Palestiniens", affirme Mahmoud Abou Hassira, porte-parole d'un comité de prisonniers de longue durée.
"En tant que familles de prisonniers, nous rêvions de ce qu'il a fait", précise-t-il, au sujet de l'enlèvement de deux soldats israéliens par le Hezbollah pour contraindre Israël à un échange avec ses détenus palestiniens et arabes.
Oum Raëd Haddad brandit le portrait de son fils de 20 ans, lui aussi derrière les barreaux israéliens. "Tous les dirigeants palestiniens dorment!", s'indigne-t-elle.
Mahmoud Hasseina, lui, se montre plus indulgent. "Nous avons des dirigeants ici. Nous voulons qu'ils apprennent de Hassan Nasrallah, c'est le meilleur chef au monde pour lutter contre Israël", indique ce commerçant, détenteur de la nationalité américaine.
"D'accord, Yasser Arafat et Ahmed Yassine étaient les meilleurs dirigeants pour le peuple palestinien, mais ils sont morts maintenant", se résigne-t-il.
Selon un jeune militant du Fatah, qui porte un tee-shirt à l'effigie du défunt président, "Abou Ammar est pour toujours le symbole du peuple palestinien".
"Tous ces manifestants suivent la voie révolutionnaire tracée par Arafat", assure-t-il sous le couvert de l'anonymat. "Mais ça ne date pas d'hier que Hassan Nasrallah est un chef de la résistance".
Salah Abdel Jawad, professeur de science politique à l'Université de Bir Zeit, en Cisjordanie, confirme que "Hassan Nasrallah était extrêmement populaire avant même la mort de Yasser Arafat".
Aux yeux des Palestiniens, explique-t-il "c'est le seul Arabe qui a pu vaincre Israël", contraint à un retrait unilatéral du Liban en 2000.
Les manifestants de Gaza mesurent bien le danger encouru par le chef du Hezbollah, qu'Israël a juré de "liquider à la première occasion". "Que Dieu protège Nasrallah!", a scandé la foule.
Sources : AFP
Posté par Adriana Evangelizt