Les Arabes font du surplace

Publié le par Adriana Evangelizt

Alors, certes, la communauté internationale ne fait rien pour le Liban mais nous avons pris l'habitude de leur couardise. Mais que dire de certains pays Arabes ? De l'Arabie Saoudite, de la Jordanie et de l'Egypte par exemple ? Les seuls qui soutiennent les Peuples Opprimés sont la Syrie et l'Iran qui comme de bien entendu sont dans le collimateur tant d'Israël que des Etats-Unis et même de l'Europe qui jouent les perroquets. Les Palestiniens, les Libanais, les Irakiens... sur qui peuvent-ils compter ? A part la Résistance et le Peuple ? Sur personne. Lamentable.

Liban. Réunis d’urgence au sein de la Ligue, les ministres arabes condamnent Israël et affichent leur soutien au peuple et gouvernement libanais mais sans arrêter un mécanisme pour stopper l’offensive israélienne.

 

Les Arabes font du surplace

par Aliaa Al-Korachi

En 10 heures, ils ont procédé à une évaluation de 15 ans d’un processus de paix ... aujourd’hui « mort ». Un constat d’échec. Les ministres arabes des Affaires étrangères réunis d’urgence au Caire pour discuter de l’agression israélienne au Liban et dans les territoires palestiniens ont fait pour la énième fois preuve d’inefficacité. L’Iraq, le Soudan, la Somalie, sans oublier la Palestine toujours présente, n’ont jamais rien réglé ... Les Arabes sont incapables de s’envoler à la rescousse des Libanais.

Un peuple de plus, qui devient la victime d’une divergence entre ces pays qui saute aux yeux. On condamne, on critique, on appelle la communauté internationale à intervenir et le seul résultat est que les Libanais sont abandonnés à leur sort devant affronter seuls leur destin avec l’occupant. Le climat de profondes discordes entre les dirigeants arabes sur la situation au Liban s’était dévoilé bien avant la réunion. Une réunion trop en retard ... Les Arabes étaient les derniers à discuter du Liban, même après le Conseil de sécurité. Ce n’est que trois jours après l’agression israélienne contre le Liban, que la Ligue arabe décide de se réunir mais uniquement au niveau des ministères des Affaires étrangères. Une représentation faible si on la compare avec la situation qui s’aggrave toutes les heures et qui menace de plonger la région dans un gouffre inconnu.

Conscients de la situation mais plus de leurs divergences, les ministres, et contrairement à la règle jusque-là adoptée à la ligue, éclipsent une séance ouverte et passent directement au huis clos. La réunion commence et les divergences aussi. Ils sont réunis en cercle mais ne tardent pas à se diviser en deux camps. Le principal point de discorde est la position à adopter face au Hezbollah. L’Arabie saoudite, suivie par la Jordanie et l’Egypte, avaient fait déjà valoir leur position avant la rencontre. Pour elles, il est clair que le Hezbollah fait de l’« aventurisme irresponsable ne servant pas les intérêts arabes ».

L’aventure est le mot qui revient sur les lèvres des responsables de ces pays avec l’Iraq, le Koweït et Bahreïn. L’autre camp est apparemment dirigé par la Syrie, avec le Yémen, l’Algérie et le Qatar. Pour eux, le moment est inopportun pour condamner la résistance, alors que le Liban est pilonné tous azimuts. Dans son allocution, Hamed Ben Gazer, le ministre qatari des Affaires étrangères, lance à ses collègues : « Si cette réunion a pour but de critiquer et de dénoncer seulement, je ne vois pas pourquoi je resterai dans cette salle ».

Des rêves brisés

En fait, pourquoi sont-ils là ? Pour des rêves ou des réalités ? Walid Al-Moallam, le ministre syrien, étale ses rêves. Il aurait espéré que la réunion « commence par une minute de silence sur les morts libanais et palestiniens » ou que la ligue décide de « tenir une rencontre symbolique à Gaza, dans la maison de Hoda Ghalia ». Il fait appel à un rêve enterré semble-t-il depuis un bon moment, celui du nationalisme arabe. La réalité est tout autre. Le tableau est plutôt sombre. Pour Magdi Moustapha, chercheur au Centre d’études arabes et africaines, « les pays arabes s’intéressent en premier lieu à assurer la stabilité de leur propre régime avant de s’intéresser aux problèmes de leurs voisins ».

Un pragmatisme pour les uns, ou « une diplomatie calme » ou même « une diplomatie générale », c’est-à-dire qui n’a pas une couleur particulière, pour les autres. Certains pays arabes, dit-il, « ne veulent pas se mettre dans le collimateur de la Maison Blanche en soutenant le Hezbollah, placé sur la liste noire des Américains ». Ne pas déplaire aux Etats-Unis surtout dans cette phase de « guerre contre le terrorisme ». « L’islamisme » leur fait peur. En Egypte, il n’est pas question de soutenir le Hamas, son arrivée au pouvoir risque de renforcer la position des Frères musulmans, contre lesquels, le régime mène un combat acharné. Mais plus que ça, c’est une éventuelle hégémonie iranienne qui dérange. Le royaume saoudien craint une sorte de « projet chiite » qui pourrait le déstabiliser. Du Hezbollah vers l’Iraq en passant par l’Iran, ce croissant fait peur.

Ainsi dans leur résolution finale, les ministres arabes n’ont prononcé aucun mot sur la résistance, vraiment aucun. Pour critiquer, le texte appelle « les parties à éviter les actes qui menacent la stabilité et la sécurité de la région » et pour soutenir, il appuie « le gouvernement et le peuple libanais ». Parce qu’il « faut affronter la réalité de face. Personne ne peut aujourd’hui demander aux pays arabes d’aller faire la guerre », dit le ministre émirati. « Il s’agissait d’afficher un soutien à la résistance et non pas de mobiliser leurs forces pour la rejoindre », rétorque le politologue Gamal Zahrane. Selon lui, « on sait tous que les régimes arabes ont effacé le mot nationalisme de leur dictionnaire ... Un mot que seule la rue comprend et réclame », ajoute-t-il. Ainsi, l’aventurisme irresponsable pour les dirigeants n’est qu’un acte héroïque pour leurs peuples. Un fossé qui s’élargit avec chaque bombe qui s’abat sur le Liban. Et c’est le fond de la mise en garde lancée par le ministre libanais Fawzi Salloukh à ses homologues avant la réunion : « Les peuples arabes tenteront, tôt ou tard, de prendre les choses en mains si les gouvernements ne cherchent pas sérieusement à leur donner une lueur d’espoir ... J’espère que la réunion d’urgence de la ligue adoptera une résolution qui rende à la nation arabe sa grandeur ». Une grandeur pour l’instant perdue.

Sources : Al Ahram

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans ISRAEL LIBAN

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