Vers une cinquième guerre préventive d'Israël

Publié le par Adriana Evangelizt

Vers une cinquième guerre préventive d'Israël

par M'Hamed BEN YOUSSEF


 

Ce n’est pas gagné d’avance !


Après avoir «reconquis» une partie de Gaza et mis cette région à feu et à sang sous prétexte de retrouver un soldat enlevé par la résistance palestinienne, voici qu’Israël engage une autre guerre aussi atroce, une guerre totale contre le Liban, lui détruisant toute son infrastructure, dont deux cents ponts. Une casse évaluée, après cinq jours d’agression barbare, à plus de 400 milliards de dollars.

Après avoir «reconquis» une partie de Gaza et enlevé par la résistance palestinienne, voici qu’Israël engage une autre guerre une guerre totale contre le Liban, Une casse évaluée, après cinq jours d’agression barbare, à plus de


Le pays du Cèdre est sapé en profondeur sous le même prétexte : la recherche de deux soldats enlevés par le Hezbollah. Or, que réclame respectivement l’une et l’autre des formations paramilitaires ? La libération de prisonniers palestiniens —ils sont plus de douze mille à croupir dans les geôles sionistes— et celle de Libanais, dont des portions de leur territoire sont toujours sous occupation, contre la délivrance de deux soldats de Tsahal. Au passé, l’échange se faisait tout de même, y compris les cadres…


Dès lors, qu’est-ce qui a changé dans le comportement des décideurs sionistes ? C’est, comme on dit, un nouveau balayeur qui tente toujours de «balayer bien» pour s’attirer de la popularité. Du reste, chaque «grand leader» israélien a mené et gagné ou croit gagner sa guerre contre les Arabes. C’est là une tradition politique israélienne à laquelle Olmert n’a pas cherché à échapper. Quant au motif évoqué, il est vite trouvé, d’autant qu’il entre dans une vision géopolitique globale : BARRER LE CHEMIN À LA MONTÉE EN FLÈCHE DE L’ISLAMISME AU PROCHE-ORIENT symbolisée, on ne peut mieux, par la réussite électorale du Hamas, grâce au vote démocratique réclamé par les Etats-Unis. Les «barbus» ne viennent-ils pas de récolter le pouvoir dans les Territoires occupés avec un risque réel de contagion en Egypte où dominent, de plus en plus, les Frères Musulmans ? D’ailleurs au Koweït, ce sont les proches des Islamistes qui se sont emparés de la majorité parlementaire empêchant, ainsi, l’émergence d’aucune Koweïtienne qui vient juste d’obtenir son droit électoral.


C’est à partir de cette donne qu’il faut analyser la tournure prise par les événements au Moyen-Orient, voire au sein du Golfe.
C’est ainsi que Tel-Aviv est en passe —si ce n’est déjà réalisé— de devenir le défenseur des Etats arabes en butte aux oppositions virulentes de la Gauche ou des «Frérots» islamistes. Une entente tacite —comprenant Israël, l’Egypte, la Jordanie, les perdants du parti d’Abou Mazen, l’Arabie Saoudite, voire le Koweït— est en train de se dessiner. Il faut désarmer, coûte que coûte, les «terroristes du Hamas» et ceux, si redoutables, du Hezbollah. Il faut les museler puis les faire entrer dans les rangs, préalable à «faire la peau», d’une manière ou d’une autre, aux Syriens et probablement à l’Iran obsédé par sa quête du nucléaire.
C’est là, le plan machiavélique dressé par l’équipe de Bush, dont l’exécution a été confiée à Israël, son fidèle élu du cœur dont la population a, d’ores et déjà, une peur bleue du futur arsenal de Hassen Nasrallah.


Schématiquement, voici la situation :
— Un monde arabe divisé approximativement en deux blocs : celui de «droite» —qui craint de perdre le trône en cas d’un vote sans fraude ou d’un putsch— et celui de gauche comprenant les Islamistes, les extrémistes et les divers Jihadistes. Le premier agit sous l’impulsion de Washington qui lui souffle sa ligne de conduite et le second gravite plus ou moins autour de la nébuleuse Al-Qaïda de l’intraitable Ben Laden. Ce grave clivage arabo-arabe est le fossoyeur de notre devenir…
— Fait accablant, au sein de presque chaque pays arabe du Golfe, il y a fort à faire avec les fissures politico-sociales entre les Sunnites, maîtres du pouvoir, et les Chiites, généralement laissés-pour-compte. Et la montée en puissance de l’Iran surarmé risque de compliquer davantage les choses. L’affaiblir arrangerait, entre autres, les affaires des princes du pétrole.
— Or, instruits par les événements dramatiques du paysage irakien où cent vingt mille GI’s sont pris dans le guêpier et l’Amérique absolument paralysée, ne pouvant mener deux guerres avec deux fronts différents à la fois, les Iraniens semblent chercher à faire embourber identiquement Israël. Car, subir, simultanément, les coups du Hamas et surtout ceux du Hezbollah qui n’a pas manqué d’arroser les installations de Haïfa par des fusées à grande portée, une première incroyable après avoir pulvérisé une importante unité maritime ennemie face à Beyrouth.


But recherché par l’Iran : disposer du maximum de temps et de «tranquillité» pour parvenir à fabriquer sa bombe atomique tout en empêchant Israël, la main armée des Etats-Unis, de s’en prendre à ses installations nucléaires et à son régime.


Sur cette toile de fond se sont greffées des données stratégiques de premier ordre qui se jouent actuellement : un monde arabe divisé et dont la majorité des décideurs craignent la poussée des irréductibles Islamistes, une sorte de «mal» difficilement évitable. Une Amérique en perte de vitesse et empêtrée en Irak, ne parvenant ni à liquider le terrorisme international ni à mettre en pratique son plan du «Grand Proche-Orient». Il s’agit d’un prétexte grossier pour réaliser un rêve séculaire, mettre sous sa tutelle tout le pétrole arabe sous prétexte de démocratiser les pays arabes et islamiques. Alors bonjour les dégâts ! Bush ne vient-il pas de lâcher son «terrifiant» nouveau chien de garde Olmert, le disciple et remplaçant du bulldozer sanguinaire Sharon ?


Pourtant, la résistance palestinienne, pour endiguer les crimes et les violations de leurs biens par Tsahal, n’a fait qu’attaquer des militaires israéliens. Il en a été de même pour le Hezbollah qui a cherché, par solidarité avec les Palestiniens, à provoquer une diversion chez l’ennemi sioniste en pulvérisant une de ses unités. Pourquoi alors cette hargne à détruire totalement les infrastructures de base aussi bien dans la Bande de Gaza que dans tout le Liban ? Il y a là, certainement, des plans préétablis pour liquider totalement les ressources de la vie quotidienne dans ces deux entités afin de faire monter les populations civiles si frustrées et contre le Hamas et contre le Hezbollah. Ce dernier semble avoir le vent en poupe par l’usage dosé, pour le moment, de ses nouvelles redoutables potentialités militaires sophistiquées qui, tôt ou tard, acculeront les sionistes à plus, beaucoup plus de réalisme. Certes, les puissances militaires des uns et des autres sont hors de proportion, mais la force n’a jamais, à elle seule, résolu tous les problèmes. Et toute victoire est un produit de deux facteurs, le courage humain que multiplie le potentiel militaire : V=C x P.Il suffit qu’un des deux facteurs (le courage ou le matériel) soit nul pour que la victoire vire à la défaite !


Croyez-moi, Israël d’Olmert est entré, maintenant, dans une impasse. Les centaines de milliers de combattants et de sympathisants du Hezbollah et du Hamas ne craignent pas du tout la mort, cette porte d’accès vers le paradis. Ils mènent une guerre juste, anticoloniale qui leur attire le respect et la bénédiction de la majorité des musulmans de par le monde, même si beaucoup de gens, de crainte de représailles, ne le crient toujours pas sur tous les toits. Et, selon les experts avertis, en cas d’élections tout à fait libres —il paraît que la Maison-Blanche ne l’exige plus des régimes arabes totalitaires—, le pouvoir, presque partout, leur tombera, par la faute des Américains, comme un fruit mûr dans la main.


Si on avait su éviter de mettre les bâtons dans les roues du Hamas qui a accédé le plus légalement du monde au pouvoir, on n’en serait jamais arrivé là, aujourd’hui ! A savoir, des changements régionaux fondamentaux avec une réelle tendance vers une guerre totale avec partout des retombées fâcheuses. Celle-ci risque d’embraser tous les pays riverains de l’Irak et ceux du Liban meurtri, avec l’émergence d’une lutte acharnée pour le leadership régional entre Téhéran et Tel-Aviv.


L’heure de la 5ème guerre préventive d’Israël contre les Arabes, plutôt contre la montée des Islamistes, a-t-elle sonné mais avec des acteurs différents du côté arabe ? La question mérite d’être posée…

Sources : Tunis Hebdo

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans ISRAEL LIBAN

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