1 - Les Etats-Unis n'ont aucun intérêt à soutenir Israël
Alors qui se sert de qui ? Les Etas-Unis se servent-ils d'Israël ou Israël se sert-il des Etats-Unis...
Etant donné la longueur de cette article, nous avons été obligés de le couper en deux...
Contrairement aux théories de Chomsky,
les États-Unis n’ont aucun intérêt à soutenir Israël
par Jeffrey Blankfort
Journaliste juif états-unien, co-fondateur du Labor Committee of the Middle East. Ancien directeur du Middle East Labor Bulletin
Pour consulter la première partie de cette étude : cliquez ici : « Le contrôle des dégâts : Noam Chomsky et le conflit israélo-israélien »
Jusqu’ici, j’ai traité largement des opinions exprimées par Chomsky (dans la presse ou lors de conférences). Ses travaux universitaires, malheureusement, présentent les mêmes failles. Elles ont été décrites succinctement par Bruce Sharp sur un site ouèbe qui examine ses écrits antérieurs sur le génocide au Cambodge. Chomsky, écrit Sharp,
« n’évalue pas toutes les sources avant de déterminer lesquelles résistent à un examen sérieux. En lieu et place, il examine une poignée de récits, jusqu’à ce qu’il en trouve un qui corresponde à son idée préétablie de ce que doit être la vérité ; il n’extrapole pas ses théories de données vérifiées et avérées. En lieu et place, il réunit (ce qu’il appelle) des « preuves » de manière sélective, et uniquement des « preuves » qui étaient ses théories. Tout le reste, il le laisse tomber. » [1]
« Les omissions de Chomsky », écrit Sharp, « découlent précisément du même type de biais irréfléchi qu’il passe son temps à moquer dans la presse consensuelle. Les événements censés corroborer sa théorie sont tenus de remplir des conditions de crédibilité bien inférieures à celles (impossibles) auxquelles sont soumis les événements qui la démentiraient. » [2]
Ces reproches ne sont pas adressés au seul Chomsky, bien entendu. Mais, étant donnés son prestige et sa crédibilité d’universitaire, ils sont particulièrement graves, le concernant. Ce que Sharp a diagnostiqué fait de Chomsky moins un historien qu’un procureur général.
Il est certain que les questions relatives à l’action visant à garantir une solution juste du conflit israélo-palestinien sont complexes et controversées. Mais elles n’en doivent pas moins, au contraire, être examinées et débattues sérieusement et honnêtement. Tout le monde toutefois, ne participe pas à ce débat sur un pied d’égalité avec tous les autres. Il revient en particulier aux Palestiniens eux-mêmes de trancher la question du droit au retour des réfugiés palestiniens, et non aux Israéliens, ni à Washington, ni au « consensus international » si cher à Chomsky…
Un autre problème intimement lié à celui que nous venons d’évoquer – à savoir : celui du choix : « un seul État contre deux États » – est plus complexe encore. À son sujet, les Palestiniens eux-mêmes sont partagés. Bien que je sois partisan de la solution à un seul État, je n’ai pas l’intention de développer in extenso mon argumentation en sa faveur ici ; je me contenterai de l’exposer brièvement afin de donner au lecteur la présentation qu’en fait Chomsky. Toutefois, la prépondérance du discours sioniste étant ce qu’elle est, ni l’une ni l’autre de ces deux problématiques [la question des réfugiés et celle de savoir si’il faut un Éta binational ou deux États mononationaux.] n’a la capacité de mobiliser un nombre significatif d’États-uniens pour leur cause respective, mis à part ceux qui ont un intérêt personnel dans la solution qui sera éventuellement apportée à l’une ou à l’autre.
Deux questions, en revanche, ont cette capacité mobilisatrice. Elles sont d’ailleurs intimement liées entre elles. Ces deux questions, les voici :
1) La nécessité de fermer le robinet qui fait se déverser en Israël un flot continu de dollars provenant des contribuables états-uniens. Au vu des coupes budgétaires drastiques affectant la santé, l’éducation et les retraites, dans l’ensemble des États-Unis, il existe déjà un public tout trouvé qui serait sensible à la nécessité de mettre un terme à cette aide, qui a franchi récemment le seuil des 100 milliards de dollars. Cette mesure devrait impliquer l’arrêt des investissements tant publics que privés en Israël, dans des compagnies israéliennes, ou dans des compagnies états-uniennes faisant des affaires en Israël (ce qui a déjà été entrepris, de manière certes extrêmement limitée). Autrement dit : il s’agit d’imposer ces fameuses sanctions, que Chomsky déplore tellement ;
2) Dénoncer et contrer la mainmise du lobby pro-israélien sur le Congrès ainsi que son contrôle sur la politique moyen-orientale des États-Unis, dont tous les observateurs politiques à Washington et ailleurs dans le monde reconnaissent qu’il s’agit d’une donnée objective. Oups : « tous les observateurs », sauf, bien sûr, Chomsky !
Certes, à l’occasion, celui-ci mentionne bien que la majorité des États-uniens sont plus que réticents en ce qui concerne l’aide militaire prodiguée à Israël par leur pays, mais sans plus. La fixation que fait Chomsky sur les pilotes israéliens aux commandes d’hélicoptères – certes, mais d’hélicoptères « américains » – , en plus de reléguer la puissance de déflagration de la question des aides et du lobby dans les marges du discours politique, est un élément fondamental pour sa pensée, en ceci qu’elle sape les fondements mêmes de son analyse, selon laquelle :
1) Israël serait essentiellement un pays client des États-Unis, lequel État client ne serait soutenu par Washington que sur la base de ses « services », de sa nature d’« atout stratégique » [3] et de « flic en patrouille » [4] [5] pour les intérêts états-uniens au Moyen-Orient, mais aussi ailleurs dans le monde ;
2) L’attitude « réjectionniste » des États-Unis, adoptée par les gouvernements états-uniens successifs, qui s’opposent à la création d’un État palestinien, serait l’obstacle essentiel bloquant la mise en application d’une « solution à deux États ». De surcroît, Chomsky voudrait nous faire croire que la politique états-unienne, en dépit d’occasionnelles apparences du contraire, soutiendrait « l’intégration progressive des territoires occupés à l’intérieur d’Israël » [6] ;
3) Enfin, l’influence du lobby pro-israélien serait « exagérée » par ses détracteurs, et elle serait plus un facteur qui ferait occasionnellement pencher de tel ou tel côté le fléau de la balance, qu’un facteur décisif et totalement indépendant de la conjoncture… De plus, ceci ouvrirait le débat concernant la capacité d’une pression idéologique de trouver une traduction concrète – en comparaison avec le pouvoir réel [7].
Sur ces trois points, innombrables sont les preuves contraires apportées par des universitaires incontestés, spécialistes de la question. Preuves contraires dont Chomsky a manifestement connaissance (d’ailleurs, il les cite, quand cela le sert…), mais qu’il choisit délibérément d’ignorer. Dans les limites qui sont celles de cet article, je n’en évoquerai que quelques-unes.
L’argument de Chomsky, selon qui le soutien américain à Israël serait motivé par la valeur d’« atout stratégique » qui serait propre à ce pays a été explicité avec une particulière clarté par Chomsky, en 1983, dans son ouvrage Le Triangle fatal, et il a été repris par lui dans ses interviews et ses articles jusqu’au moment où l’URSS cessa de représenter une menace, et où il dut trouver de nouvelles justifications.
Depuis la fin des années 1950, le gouvernement états-unien a été amené à soutenir de plus en plus la thèse selon laquelle un Israël puissant représenterait un « atout stratégique » pour les États-Unis, en leur servant de rempart contre les menaces représentées par les mouvements nationalistes arabes radicaux, susceptibles d’obtenir le soutien de l’URSS [8].
La pauvreté des « preuves » que Chomsky invoque à l’appui de cette (hypo)thèse aurait dû depuis fort longtemps faire se lever bien des sourcils… Un élément qu’il ne cesse d’invoquer, c’est un Mémorandum du Conseil national de Sécurité, de janvier 1958, lequel, d’après Chomsky, avait « conclu qu’un corollaire logique de [notre] opposition au nationalisme arabe croissant » consisterait à « soutenir Israël, en tant qu’unique puissance pro-occidentale à subsister au Moyen-Orient ». [9] Sur un point d’une telle importance, on s’attendrait tout de même à ce qu’il soit en mesure de nous ressortir quelque chose de plus frais… Or, il se trouve que cette même année 1958, en réplique à l’insurrection anti-britannique victorieuse en Irak et aux trouble nationalistes au Liban, Eisenhower expédia les Marines dans ces deux pays, afin d’y défendre des intérêts états-uniens prétendument menacés. Apparemment, le recours à des troupes israéliennes n’a jamais été envisagé ?…
Les seuls « services » rendus par Israël, auxquels Chomsky fait allusion, furent la défaite de l’Égypte en 1967 [10], défaite motivée à l’évidence par les intérêts propres à Israël, ainsi que le rôle qu’Israël aurait joué afin de dissuader le gouvernement syrien de venir en aide aux Palestiniens confrontés aux massacres du roi de Jordanie, en septembre 1970. Et c’est tout !… Dans ce dernier cas, Israël n’a nullement eu besoin des États-Unis pour mettre son armée en état d’alerte afin de contrer ce qui a été improprement considéré (pas par Chomsky, soyons juste…) comme une tentative de prise de contrôle du pouvoir en Jordanie par l’OLP [11].
Ce que Chomsky et ceux qui répètent ses analyses tels des perroquets ignorent (ce qui n’a rien d’étonnant, car il n’en parle jamais !), ce sont d’autres facteurs, qui ont joué un rôle dans la déroute de l’OLP en Jordanie, notamment les dissensions internes, le refus de l’armée de l’air syrienne – alors sous le commandement de Hafez al-Assad (pas particulièrement un ami de l’OLP…) – de lui accorder une couverture aérienne et l’avantage stratégique dont jouissait l’armée jordanienne, très majoritairement composée de Bédouins.
C’est Henry Kissinger qui exagéra le rôle d’Israël dans l’issue de cette confrontation, tout comme il exagéra son potentiel d’« atout » américain dans la Guerre froide [12] et – ironiquement – c’est donc la position de Kissinger que Chomsky a ainsi sanctuarisée, en l’élevant au statut de « fait » historique !
Un autre facteur, dans l’argumentation « atout historique » est généralement négligé, comme le fait observer Camille Mansour :
« Ces luttes d’influence, se produisant dans l’entourage géographique d’Israël, sont souvent liées (et, dans le cas de la crise jordanienne, elles l’étaient assurément) au conflit israélo-arabe lui-même : pour les États-uniens, Israël était dans la situation paradoxale de représenter un atout, en réduisant les menaces pesant sur lui-même et en même temps sur les intérêts américains – menace, toutefois, dont Israël était susceptible d’être lui-même à l’origine, en raison de l’état de belligérance avec les Arabes qui le caractérise. » [13]
Cette opinion fut confirmée, par la suite, par Stephen Hillman, ancien membre de la Commission sénatoriale (états-unienne) des relations extérieures, qui écrivit :
« Le service qu’Israël est censé fournir aux États-Unis – en faisant obstacle à la pénétration soviétique au Moyen-Orient – est un service rendu nécessaire au premier chef par l’existence même d’Israël, mais sans lequel les Arabes seraient beaucoup moins réceptifs à l’influence soviétique… Il est exact qu’Israël fournit aux États-Unis une information militaire et des renseignements précieux, et il est concevable… que les États-Unis puissent avoir besoin de bases navales ou aériennes sur le territoire israélien. Ces atouts, en eux-mêmes… ne semblent toutefois pas suffire à justifier le fait que les États-Unis aient dépensé, depuis la fondation d’Israël en 1948 jusqu’à nos jours – en 1980 – presque 31 milliards de dollars en aide militaire et plus de 5,5 milliards de dollars en soutien économique, ce qui fait d’Israël – de très loin – le premier bénéficiaire des aides économiques extérieures accordées par les États-Unis » [14]
Chomsky était tout à fait au courant des travaux de Tillman, qu’il cite fréquemment dans son Triangle fatal. Mais la citation ci-dessus, curieusement, n’y figure pas. Plus à son goût, sans doute, il lui préféra un commentaire de l’ex-sénateur Henry « Scoop » Jackson, démocrate, de l’État de Washington, que Chomsky intégra au Triangle fatal, et qu’il reprit, depuis lors, dans tous ses ouvrages, interviews et conférences sur le conflit israélo-palestinien. D’après ce Jackson,
La tâche impartie à Israël consistait à « inhiber et contenir les éléments irresponsables et radicaux dans certains pays arabes… lesquels, s’ils avaient été laissés libres d’agir à leur guise, auraient représenté une grave menace pour nos principaux approvisionnements pétroliers dans le Golfe persique ». [15]. Il faisait ainsi allusion à l’« alliance tacite entre Israël, l’Iran (du temps du Shah) et l’Arabie saoudite », bien qu’il n’existe aucune preuve que l’un quelconque de ces trois pays ait jamais joué un tel rôle. La première administration Bush ayant considéré que les ressources pétrolières de cette région étaient menacées par l’invasion du Koweït par l’Irak, en 1991, elle agit d’elle-même, et fit tout son possible afin de dissuader Israël de participer aux opérations. Mais cela ne dissuade nullement Chomsky de continuer à nous raconter sempiternellement le même conte pour enfants…
La raison pour laquelle Chomsky est persuadé que nous devons accorder foi à l’opinion de Jackson, c’est le fait qu’il s’agissait de « l’expert le plus en vue, au Sénat américain, sur la question pétrolière », écrit-il dans son Triangle fatal, à la page 535, ainsi que « l’expert du Sénat en matières moyen-orientale et pétrolière », dans Vers une nouvelle guerre froide [Toward a New Cold War], à la page 315, ou encore du « spécialiste le plus en vue au Sénat en matière de Moyen-Orient et de questions pétrolières » (dans The New Intifada, ainsi que dans Middle East Illusions, page 179), d’« éminent spécialiste ès questions pétrolières », dans Deterring Democracy, page 55) ; de « spécialiste le plus en vue au Sénat dans les questions du Moyen-Orient et du pétrole » (dans Pirates and Emperors, page 165) et enfin de « personnage influent concerné par le Moyen-Orient » (dans Hegemony or Survival, page 165).
Si j’insiste sur les descriptions élogieuses données de Jackson par Chomsky, c’est parce qu’elles sont très caractéristiques, de par leur nature trompeuse. La seule chose qui aurait à la rigueur pu faire passer Jackson pour un expert en matière de pétrole, c’est peut-être le fait qu’il ait dirigé une enquête sur les pratiques pétrolières aux États-Unis, à l’époque où il était président de la Commission de l’Intérieur (= Commission de l’Environnement Ndt.) au Sénat.
Mis à part le fait d’être connu comme le « sénateur nommé par Boeing » en reconnaissance des nombreux contrats qu’il a obtenu pour cette firme tandis qu’il présidait la Commission des Armées du Sénat, le principal legs de Jackson est sans doute sa participation à la rédaction de l’amendement Jackson–Vanik, lequel conditionnait le succès des négociations entre l’URSS et les États-Unis (en vue de la fin de la Guerre froide) à l’ouverture par l’URSS des portes à l’émigration juive. On comprendra que cela ait fait de lui le chouchou du lobby pro-israélien et des juifs américains, de manière générale, qui lui assurèrent 523 778 dollars (soit 24,9 %) en contributions de campagnes électorales, durant cinq ans. [16] Faucon farouchement opposé à toute détente et partisans acharné de la Guerre froide, il fut « pratiquement le dernier démocrate, au Sénat, à soutenir… la guerre [au Vietnam] » [17]. Plus récemment, il a été célébré en tant que patron, au Congrès, des néocons ayant donné à Richard Perle le signal du départ sur sa piste vers l’enfer.
Grâce au soutien à la fois d’Israël et du complexe militaro-industriel états-unien, les efforts de Jackson ne passèrent pas inaperçus auprès du très influent Jinsa [Jewish Institute for Security Affairs], principal promoteur de l’intégration entre les industries états-unienne et israélienne de l’armement, depuis 1976. C’est, là encore, un élément clé du lobby israélien que Chomsky n’a jamais cité. En 1982, cet institut créa un prix, intitulé Prix Henry M. « Scoop » Jackson Distinguished Service Award [Prix « pour service rendu »], que Jackson fut le premier à se voir décerner. Le dernier impétrant en date n’étant autre que son protégé, Richard Perle.
Eût Chomsky indiqué les orientations du faucon pro-israélien Jackson, cela aurait certainement soulevé des questions au sujet de la crédibilité de ce sénateur, au cas où cela ne l’aurait pas totalement discrédité…
Mis à part une petite poignée d’admirateurs loyalistes qui semblent déterminés à faire écho au moindre de ses propos, la vision qu’a Chomsky des relations états-uno-israéliennes n’a pas le même succès auprès de ses collègues universitaires, y compris auprès de ceux, parmi eux, qui partagent pourtant sa vision du monde. Tout en veillant à ne pas citer nommément Chomsky, c’est bien à la théorie de celui-ci que faisait par exemple allusion le professeur Ian Lustick, interviewé en 2001 par Shibley Talhomi :
« Les États-Unis sont assez puissants et assez riches pour pouvoir traiter une crise majeure, quand il s’en produit, comme l’invasion du Koweït par l’Irak, qui fut manifestement une crise d’une extraordinaire gravité. Mais la grosse question, concernant ce qui concerne les motifs des États-Unis, au plan intérieur, a trait aux raisons de l’engagement américain en faveur d’Israël. C’est véritablement cela, la question essentielle. Et vous avez, à ce sujet, plusieurs explications en concurrence les unes avec les autres. Très longtemps, il y a eu une opinion selon laquelle l’engagement américain en faveur d’Israël était un corollaire des intérêts stratégiques des États-Unis, à savoir qu’essentiellement, les États-Unis voyaient dans Israël un instrument au service de leurs intérêts stratégiques et, plus largement, un instrument leur servant à contenir l’URSS durant la Guerre froide et depuis lors, à assurer la régularité de leurs approvisionnements pétroliers, à réduire le terrorisme, etc… »
Notes :
[1] http://www.mekong.net/cambodia/arch.... May 25, 1995…
[2] ibid., May 27, 1995.
[3] Fateful Triangle, p. 17 ff…
[4] « cop on the beat ».
[5] Pirates and Emperors, p. 117.
[6] Fateful Triangle, p. xii.
[7] Left Hook, Feb, 4, 2004.
[8] The Fateful Triangle, p.20.
[9] Ibid., p. 21 ; MEI, p. 176.
[10] À une époque, il convient de le rappeler, où le principal fournisseur d’armes à Israël était… la France (et non les États-Unis !
[11] Ibid, p.21, Hegemony or Survival, Henry Holt, New York, p. 264.
[12] Camille Mansour, Beyond Alliance : Israel and US Foreign Policy, Columbia University, New York, 1994, p. 103-104.
[13] Ibid., p. 103-104.
[14] Seth Tillman, The United States and the Middle East, Indiana Univ., Bloomington, 1982, pp. 52-53.
[15] Fateful Triangle, p. 535.
[16] A.F.K. Organski, The $36 Billion Bargain, Columbia Univ., New York, 1990, p. 228.
[17] Jim Lobe, « Chicken Hawks as Cheer Leaders », Foreign Policy In Focus, www.fpif.org, 2002.
Sources ; Réseau Voltaire
Posté par Adriana Evangelizt