La solution n'est pas deux Etats, mais un seul Etat

Publié le par Adriana Evangelizt

La solution n'est pas deux Etats, mais un seul Etat


Par Khaled Amayreh

Le premier ministre de l'Autorité Palestinienne, Ismail Haniyeh, a été cité cette semaine disant qu'il n'avait aucune intention de "dissoudre le gouvernement d'unité nationale".
Les remarques d'Haniyeh coïncidaient avec les remarques de son propre adjoint, Azzam al Ahmad, qui prévenait que "le gouvernement ne survivra pas plus de trois mois" si le blocus imposé par les Israéliens et mené par les Américains aux enclaves théoriquement autonomes persistait

En début de semaine, aussi bien Haniyeh que le chef du Politburo du Hamas, Khaled Meshaal ont publié une pléthore de déclarations avertissant que "les Palestiniens recourraient à d'autres alternatives" si l'Occident continuait à contraindre et à éviter le gouvernement palestiniens d'unité nationale.

Les deux responsables n'ont pas clarifié ce que seraient les "autres alternatives" envisagées.

Cependant, il était suffisamment clair que les deux hommes faisaient référence à une fin du cessez-le-feu déjà fragile avec Israel (qu'Israel menace lui-même menace de rompre, quoi qu'il en soit) ou peut-être qu'ils veulent s'embarquer dans un nouvel Intifada pur et dur.

Cependant, il est extrêmement clair que les déclarations reflètent une indignation profonde, provenant de l'échec du gouvernement d'unité nationale à mettre fin au blocus hermétique qui a déjà poussé de nombreuses familles palestiniennes au bord de la famine.

C'est vrai, la crise est de temps en temps atténuée par une certaine aide financière irrégulière et peu révélatrice de quelques pays arabes riches en pétrole,
tels que l'Arabie Saoudite et le Qatar.

Mais cela donne seulement aux Palestiniens un espoir faux pour un progrès qui ne devrait pas se produire rapidement.

En d'autres termes, il n'y a aucune lumière au bout du tunnel et les raisons sont claires.

D'abord, Israel, qui subit une grave crise politique en raison du rapport Winograd, n'est pas disposé à autoriser les Palestiniens à avoir un Etat avec une contiguité territoriale et réellement viable.

En effet, l'expansion continue des colonies seulement pour les Juifs sur la terre Arabe volée en Cisjordanie, en particulier à Jérusalem -Est occupé par les Israéliens, est plus éloquente et plus représentantive de la véritable position d'Israel que des centaines de déclarations des dirigeants et des responsables israéliens exprimant le désir de paix. Après tout, les actes en disent plus que les mots.

Pire encore sur le sujet, la société israélienne elle-même dérive de manière menaçante vers le chauvinisme, si ce n'est vers un fascisme de droite.

Et l'armée israélienne, l'épine dorsale de la société israélienne, est sur le point de devenir "une armée nationale-religieuse" puisqu'un pourcentage disproportionnellement élevé de ses officiers sont affiliés au camp religieux extrémiste et messianique.

Cette réalité trouve beaucoup d'expressions inquiétantes, en particulier dans l'alliance non déclarée mais bien connue entre l'armée et les colons juifs en Cisjordanie où
les colons ont une carte blanche virtuelle pour voler les terres des Palestiniens et s'emparer des maisons et des propriétés palestiniennes comme à Hebron.

En second lieu, il est manifestement clair que l'administration Bush est préoccupée par le bourbier irakien ainsi que par l'épreuve de force politique et constitutionnelle avec les Démocrates sur le front interne, tellement que le conflit Palestinien-Israélien devient d'importance secondaire.

C'est vrai, la Secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice, continue de venir dans la région toutes les quelques semaines. Mais ses visites n'ont pratiquement rien apporté.

En fait, les visites de Rice ont seulement servi à approfondir la frustration des deux côtés, une frustration face à l'échec dans le rétablissement du processus de paix moribond et également face au fiasco constant de l'Amérique à faire ce qu'il faut pour rendre la promesse de la paix plus réaliste, à savoir : faire pression sur Israel pour qu'il abandonne son butin de la guerre de 1967.


Troisièmement, quant à l'Union Européenne, dont la présidence tournante est maintenant assumée par l'Allemagne, l'Etat européen le plus pro-Israélien, il est également évident que sa position globale soit plus ou moins une copie conforme de la politique américaine.

Cette attitude presque totalement négative en ce qui concerne les Palestiniens est exprimée par le refus constant de l'Union Européenne à lever le blocus du gouvernement palestinien et également par l'hésitation de l'Union Européenne à faire pression sur Israel pour qu'il débloque les plus de 700 millions de dollars des recettes fiscales palestiniennes détenues par l'Etat juif afin de punir les Palestiniens pour avoir élu un parti politique qui n'est pas à sa convenance.

Finalement, les états Arabes ne se tiennent pas loin derrière l'Europe, les USA et Israel dans le harcèlement des Palestiniens. Cela est clair en voyant le refus persistant de ces Etats à autoriser les banques fédérales à transférer l'argent de l'aide à l'Autorité Palestinienne, en dépit des affirmations rhétoriques du contraire.

À la lumière de tout cela, on n'a pas besoin d'être un grand pronostiqueur pour prédire que la crise affrontée par les Palestiniens et leur juste cause s'aggravera encore plus puisqu'Israel continue à nous faire du chantage pour que nous abandonnions nos droits nationaux, y compris le
droit au retour des réfugiés palestiniens déracinés de leur patrie héréditaire en 1948 et en 1967.

Par conséquent, l'Autorité Palestinienne et les diverses factions palestiniennes devraient affronter l'heure de la vérité puisque la situation actuelle est intenable.

En effet, si l'objectif de créer un Etat palestinien sur 100% de la terre occupée n'est plus possible, et cela semble être le cas, la direction palestinienne devrait immédiatement déclarer la mort des Accords d'Oslo et de la solution à deux Etats, et d'opter pour la solution d'un seul Etat dans lequel les Juifs et les Arabes vivraient dans un Etat démocratique, centralisé et officiel allant du fleuve du Jourdain à la Méditerranée en tant que citoyens égaux.

C'est vrai, Israel s'opposera énergiquement à cette solution pour des raisons idéologiques et autres. Cependant, Israel, qui a pratiquement et irréversiblement tué la solution à deux Etats, doit porter la pleine responsabilité de ses propres actes.

Et les Palestiniens restent là. Ils ne partiront jamais de leur terre, ils n'accepteront jamais de vivre dans des ghettos claustrophobes et de misérables enclaves qui ont plus en commun avec des camps de détention qu'autre chose.

Source : http://www.palestine-info.com/

Traduction : MG pour ISM

Sources ISM

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans HAMAS

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