Le cabinet d'urgence d'Abbas entériné, des Palestiniens fuient Gaza

Publié le par Adriana Evangelizt

Le cabinet d'urgence d'Abbas entériné,

 des Palestiniens fuient Gaza

Le président palestinien Mahmoud Abbas a signé dans la nuit de samedi à dimanche un décret entérinant la composition d'un gouvernement d'urgence, après le "putsch" du Hamas à Gaza d'où des dizaines de membres des services de sécurité, craignant une "purge", ont tenté de fuir.

Ce cabinet compte douze membres, des experts indépendants, et sera dirigé par Salam Fayyad qui gérera aussi le portefeuille des Finances, a précisé un des proches de M. Abbas à Ramallah en Cisjordanie. Il doit être officiellement investi dans ses fonctions dimanche à 13H00 locales (10H00 GMT) à Ramallah.

Samedi, à l'issue d'une rencontre avec le président Abbas, chef du Fatah, dans son QG à Ramallah en Cisjordanie, M. Fayyad, un économiste indépendant jouissant de la confiance des Occidentaux, avait indiqué que le gouvernement "devrait être composé de dix ministres n'appartenant ni au Fatah ni au Hamas".

A Tel Aviv, le Premier ministre israélien Ehud Olmert a déclaré qu'Israël reconnaîtra un gouvernement palestinien ne comptant pas des ministres du Hamas. "Un gouvernement palestinien qui n'est pas un gouvernement du Hamas est un partenaire et nous coopérerons avec lui", a déclaré M. Olmert dans la nuit de samedi à dimanche à l'aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv avant son départ pour les Etats-Unis.

Craignant des représailles du mouvement islamiste Hamas, surtout après la diffusion par des télévisions des images de l'exécution barbare d'un chef militaire du Fatah, une centaine de membres des services de sécurité se sont rués vers le passage d'Erez à la frontière avec Israël pour tenter de fuir, ont indiqué des témoins. L'armée israélienne, qui a fermé tous les points de passage de la bande de Gaza, a annoncé que ses soldats avaient tiré en l'air pour disperser les Palestiniens.

"Le Hamas mène une purge contre la Sécurité préventive, des opérations de vengeance. Ils nous haïssent", a affirmé à l'AFP à Gaza un officier de ce service de sécurité fidèle au Fatah.

En Cisjordanie, la multiplication des attaques menées par les partisans du Fatah contre leurs rivaux du Hamas suscitait les craintes d'une flambée de violence semblable à celle qui a ravagé la bande de Gaza.

Des militants des Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa ont saccagé une dizaine de bureaux d'associations liées au Hamas, notamment à Naplouse et Bethléem, où plusieurs islamistes ont été enlevés ou arrêtés par les services de sécurité. Un chef de ces Brigades, Zakaria Al-Zoubeidi, a sommé les membres du Hamas en Cisjordanie de remettre leurs armes à l'Autorité palestinienne. A Ramallah, des hommes armés ont attaqué le bureau du vice-président du Parlement Hassan Khreisheh et ont "tenté de l'agresser" selon lui.

Le porte-parole du Hamas à Gaza, Sami Abou Zouhri a dénoncé "une campagne d'extermination" contre les activistes du Hamas en Cisjordanie, en faisant porter la responsabilité à M. Abbas. "Nous ne resterons pas les bras croisés face à ces crimes", a-t-il averti. Le Hamas a pris vendredi le contrôle de la bande de Gaza après avoir mis en déroute les forces de sécurité fidèles au Fatah, au cours de combats qui ont fait 115 morts et des centaines de blessés.

M. Fayyad avait été chargé vendredi de former un gouvernement d'urgence par M. Abbas qui a limogé jeudi le cabinet dirigé par le Premier ministre issu du Hamas, Ismaïl Haniyeh. Le Hamas a rejeté la nomination de M. Fayyad et M. Haniyeh a fait savoir que son gouvernement continuerait à assumer ses fonctions.

Après avoir emporté vendredi tout ce qui pouvait l'être, des pillards ont achevé samedi de vider les anciens QG de la sécurité palestinienne et des maisons abandonnées de chefs du Fatah, ont indiqué des témoins. Khaled Abou Hillal, porte-parole de ministère de l'Intérieur, a appelé à l'arrêt des pillages.

Après le coup de force du Hamas, son chef en exil Khaled Mechaal s'est voulu conciliant. Il a affirmé vendredi à Damas que le Hamas n'avait pas l'intention d'accaparer le pouvoir et appelé à un dialogue avec M. Abbas. "Je dis à Mechaal qu'il n'y aura pas de dialogue avec ceux qui commettent des massacres à Gaza", a rétorqué samedi un proche collaborateur de M. Abbas, Yasser Abed Rabbo.

Pour sa part, l'agence de l'ONU pour le secours aux réfugiés palestiniens (Unrwa) a appelé à la réouverture des points de passage de la bande de Gaza afin d'éviter une crise humanitaire dans ce territoire, où s'entassent 1,5 million de Palestiniens dans des conditions "misérables".

Sur le plan diplomatique, les Etats-Unis ont fait savoir à M. Abbas par le biais de leur consul à Jérusalem Jacob Walles qu'ils reprendraient la coopération et l'aide financière directe au gouvernement en passe d'être formé, a affirmé un haut responsable palestinien.

Le Quartette international pour le Proche-Orient (Etats-Unis, UE, Russie, ONU) a de son côté reconnu samedi la "légitimité" de la décision du président Abbas de limoger le gouvernement du Premier ministre du Hamas Ismaïl Haniyeh.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans palestine

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