"Juif, Sioniste et Israélien, cest différent"
« Une paix juste passera par ce qu’Esther Benbassa appelle le « postsionisme », par une rupture de l’opinion juive avec un projet meurtrier, avec l’acceptation d’un dialogue d’égal à égal entre les Israéliens et les autres peuples de la région.
L’Ujfp a été créée en 1994 mais elle a vraiment pris son essor au moment de la deuxième Intifada. Comme d’autres, nous avons été profondément indignés par la barbarie d’une armée tirant sur des civils. Il s’y est rajouté pour nous le fait que le crime se faisait « en notre nom » parce que le sionisme prétend parler au nom de tous les Juifs. Il n’a pas été facile pour nombre d’entre nous d’adhérer à une association faisant référence au judaïsme alors que nous sommes laïques et opposés au communautarisme. Nos raisons sont multiples :
. Juif, Sioniste et Israélien, c’est différent. Nous dénonçons la confusion permanente qui sert à justifier l’injustifiable. Nous dénonçons la confiscation de la parole juive. Nous montrons que des Juifs peuvent s’opposer au colonialisme et au militarisme en se revendiquant d’une autre histoire : celle des révolutionnaires juifs de toute obédience, des militants anticolonialistes, de la résistance au nazisme … Toute confusion entre Juif et sioniste sert la politique israélienne..
L’Ujfp milite avec d’autres associations pour soutenir les droits du peuple palestinien. C’est pour moi un grand honneur d’intervenir dans cette réunion avec Hind Khoury et Omar Somi. Notre présence dans les collectifs montre que la guerre là-bas n’est ni communautaire, ni religieuse, ni raciale. C’est une guerre qui porte sur un « ethnocide » contre les Palestiniens à qui l’état d’Israël refuse l’égalité des droits et la justice.
. Il y a en Israël une minorité qui fait un travail exemplaire : ces anticolonialistes ont franchi le pas de la solidarité active avec les Palestiniens. Femmes en Noir, refuzniks, anarchistes contre le mur, membres d’associations binationales comme Taayouch ou l’association des familles endeuillées, groupes allant sur les barrages militaires pour témoigner, journalistes (Amira Hass, Gideon Lévy …), historiens (Ilan Pappé…), cinéastes (Eyal Sivan, Avi Mograbi …), universitaires (Tanya Reinhardt) sans oublier bien sûr des personnalités comme Michel Warschawski ou Uri Avnéry. Ces Israélien(ne)s sont un peu comme les Français(e)s qui ont été porteurs de valise pendant la guerre d’Algérie. Ils rendent le combat pour un avenir non barbare possible. L’Ujfp les soutient.
. Et puis, notre association est en première ligne pour refuser l’éternel chantage à l’antisémitisme dès qu’on dénonce l’occupation. L’antisémitisme et le génocide, c’est aussi notre histoire ou celle de nos parents. Instrumentaliser cette histoire est inadmissible. L’Ujfp est favorable au boycott des produits israéliens et à des sanctions internationales contre ce pays tant que durera l’occupation. »
Pierre Stambul,
Président de l’Union Juive Française pour la Paix
Extrait d’une intervention de Pierre Stambul, président de l'UJFP, lors d'une réunion publique devant 150 personnes à Mondeville (Calvados) le 2 décembre avec Hind Khoury (représentante de la Palestine en France) et Omar Somi (représentant de la GUPS - les étudiants palestiniens).
Une « erreur technique » sur le site de l'UJfp - UNION JUIVE FRANCAISE POUR LA PAIX
Sources Anna
Posté par Adriana Evangelizt