LE DIFFICILE "RETRAIT"
LE DIFFICILE RETRAIT ISRAELIEN DE GAZA
par Jawad KERDOUDI
Président de l’IMRI (Institut Marocain des Relations Internationales)
Le conflit israélo-palestinien qui dure depuis un demi-siècle n’en finit pas de faire des victimes de part et d’autre. A l’origine de ce conflit, une erreur historique a été commise, qui a occasionné une profonde injustice.
L’erreur historique a été de décider d’installer un foyer juif, puis de créer l’Etat d’Israël en terre de Palestine. Or la Palestine n’était pas une terre «nuullus» c'est-à-dire sans maître, la Palestine était habitée depuis des siècles par les Arabes. Ces derniers considèrent depuis lors qu’une grande injustice a été commise à leur égard.
La responsabilité de l’Occident est patente dans cette affaire. D’abord l’Allemagne nazie, qui a commis un véritable génocide en supprimant six millions de juifs dans des conditions abominables. Ensuite l’Angleterre, qui par la Déclaration de Balfour a promis l’installation d’un foyer juif en Palestine. Enfin les Etats-Unis qui, depuis la création d’Israël, apporte à ce pays un soutien indéfectible, du fait du lobbying juif très influent au Congrès, dans les médias et la finance.
Les conséquences de cette erreur historique sont incommensurables : des millions de réfugiés palestiniens rejetés vers les pays arabes voisins, trois guerres meurtrières entre Israël et les pays Arabes, la colonisation des terres arabes par Israël, et une occupation policière et militaire humiliante, entravant toute les libertés, et notamment la liberté de circulation. Face à cette situation le peuple palestinien s’est révolté, d’une part par la résistance populaire (Intifada), et d’autre part par les attentats, qu’il considère comme des actes de résistance.
La Communauté internationale a été incapable jusqu’à maintenant de résoudre ce problème, qui alimente en partie le terrorisme international. Toutes les résolutions de l’ONU favorables aux Palestiniens n’ont jamais été appliquées. Les Palestiniens et les Arabes ont dénoncé cette politique de « deux poids, deux mesures ». Lorsque l’ONU a voté la résolution enjoignant à la Syrie de quitter militairement le Liban, cette résolution a été appliquée immédiatement, grâce à la pression très forte exercée par les Etats-Unis et la France.
Israël a décidé unilatéralement de quitter la bande de Gaza par l’évacuation de 8.000 colons. Ce retrait est difficile, car les dirigeants d’Israël avaient promis à leur peuple le « Grand Israël », et avaient encouragé l’implantation de colonies sur des terres qui ne leur appartenaient pas. Sur ce problème des colonies, l’Occident a laissé faire, et n’a jamais exercé une pression suffisante sur Israël pour les stopper.
Mais au-delà de ce retrait israélien de Gaza, la résolution du conflit israélo-Palestinien ne peut être que globale. Ami AYALON, un Israélien, ancien chef du Shin Bet a déclaré récemment dans une interview au journal marocain L’Economiste : « Tant que les Palestiniens n’auront pas d’espoir, les Israéliens ne pourront pas prétendre à la sécurité ».
Pour rendre l’espoir aux Palestiniens, il faut négocier avec eux. Le moyen le plus efficace serait une Conférence internationale chapeautée par le Quartet : ONU, USA, Union Européenne, Russie. Cette Conférence devrait se tenir en Europe (à Genève par exemple), et aborder les quatre questions fondamentales suivantes :
· Délimitation exacte du territoire du futur Etat Palestinien et date de sa création effective
· Problème des réfugiés palestiniens
· Problème de Jérusalem
· Problème des colonies israéliennes implantées en territoire palestinien
Cette Conférence devrait tenter de rapprocher les points de vue des deux parties sur ces quatre questions fondamentales. Il s’agit bien de négociations, et donc chaque partie doit faire des concessions à l’autre. Les tuteurs de la Conférence devront user de tout leur poids pour obtenir des résultats concrets.
Le moment est venu où les deux puissances mondiales (Etats-Unis et Union européenne) doivent prendre leurs responsabilités pour solutionner définitivement ce problème. Sinon, ce conflit va continuer à s’enliser, à entraîner des victimes innocentes de part et d’autre, à alimenter le terrorisme international, et à empoisonner les relations internationales.
Sources : MENARA MAROC
Posté par Adriana Evangelizt