FOURBE DECOLONISATION

Publié le par Adriana EVANGELIZT

FOURBE DECOLONISATION

par Anis DJAAD

Au pied du mur des Lamentations, ils étaient des dizaines de milliers à prier pour que l'évacuation de leurs frères colons de Ghaza se mue en chimère.

Rien à faire, la poisse colle à la peau de la révolution orange des nationalistes israéliens depuis ce jour où elle a croisé l'entêté Ariel Sharon. Quand le président Katzav demande pardon au nom de l'Etat d'Israël, le chef du Likoud, lui, ne regrette rien. Les remords, il ne connaît pas. La paix non plus tant que la sécurité de l'Etat juif n'est pas totalement garantie.

Elle risque de ne jamais l'être, la colonisation choisit d'être accrocheuse ailleurs que sur les plages de Ghaza où Mahmoud Abbas a fêté la victoire avec les siens. Là où le Hamas a démontré sa force, preuve de sa non-renonciation à ses armes et à ses structures militaires. Après trente-huit ans de lutte sans merci et de toute évidence, la couronne de lauriers ira le mieux au peuple palestinien. A quoi bon donc se donner la peine de savoir qui du souffle des roquettes Qassam ou de la légitimité par l'urne du réformiste Abbas a eu raison du départ unilatéral d'Israël de Ghaza ? En janvier, les législatives palestiniennes détermineront peut-être qui sera le patron. Mais derrière ces calculs politico-politiciens demeureront les vraies questions : l'Etat de Palestine que le parrain Bush promet d'aider à la création avant la fin de son second mandat. Et ses frontières officielles qu'Ariel Sharon déplace et bétonne au moindre pépin sécuritaire. N'ayez crainte, ce ne sont que des mesures provisoires susceptibles de modification, explique l'ennemi des colons orangistes. Et pour mieux étayer ce qu'il avance, le Premier ministre réincarne le parfait provocateur.

Dans les colonnes de la presse israélienne, il va jusqu'à reconnaître que l'Etat hébreu pourrait être amené à faire d'autres concessions après Ghaza. Soit, l'évacuation de nouvelles colonies isolées de Cisjordanie. Ne pouvait-il pas attendre la fin du retrait de Ghaza pour en faire l'annonce ? Outre la préparation psychologique des colons à cette nouvelle «nekba» qui risque de décoiffer une nouvelle fois leurs kippas, Ariel Sharon préfère enclencher dès lors sa manoeuvre. Bien avant que la communauté internationale ne l'invite à des sauts autres que le «tremplin Ghaza». Le gouvernement Abbas ayant rempli plus ou moins son contrat à travers la fragile trêve inter-palestinienne -cela ne signifie pas, aux yeux d'Israël, la fin du terrorisme- Tel-Aviv doit (re)démontrer son intérêt pour la feuille de route.

La probable évacuation de petites colonies de Cisjordanie ferait miroiter la bonne volonté des Israéliens à appliquer le plan du quartette. Et passerait sous silence l'annexion de fait des grands blocs d'implantation qui resteraient israéliens dans le cadre de tout accord de paix, quel qu'il soit. «Je n'ai jamais répondu quand on m'a demandé quelles étaient les limites des blocs d'implantation, et ce n'est pas parce que je connais mal la carte», précise Ariel Sharon. Ainsi, l'administration américaine aurait donné son accord historique au maintien de ces grands blocs de colonies sans, apparemment, s'attarder sur la question de savoir où ils s'arrêteront. Ce qui suppose que les autorités israéliennes ne négocieront un statut définitif avec les Palestiniens qu'après évaluation du rapport entre l'extensionnisme des blocs existants et les besoins démographiques.

A partir de là, elles traceraient formellement les futures frontières de l'Etat juif, celles de 1967 risquant de perdre toute reconnaissance internationale en raison de la condescendance américaine. «Après Ghaza, Jérusalem», s'exclame Mahmoud Abbas. Le Hamas prend acte et garde ses armes, il existe des songes qui tiennent de miracles lointains.


Sources : ALL AFRICA

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans LA COLONISATION

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