Tsahal n'est plus intouchable

Publié le par Adriana Evangelizt

 Le Tsahal n'est plus intouchable

par Chaïmaa Abdel-Hamid et Samar Al-Gamal

Liban. Les récentes pertes subies par l’armée israélienne en dépit de sa puissance de feu semble relever des défaillances chez ce vrai Goliath de la région.

Le 25 juin, un caporal israélien est capturé par des mouvements palestiniens. Moins de 3 semaines après, 2 autres sont capturés par le Hezbollah. Deux coups durs pour une armée qui se vante d’être invincible. Les opérations, selon les experts, ne sont pas d’une grande envergure, mais des attaques plutôt du genre « simples ». Et plus est, elles ont été suivies d’autres coups. Environ une quinzaine de soldats israéliens ont été tués sur les deux fronts nord et sud en quelques jours ... Un bilan considéré comme grave en Israël et qui porte atteinte à l’image du Tsahal. « L’armée israélienne a été humiliée », précise Emad Gad, rédacteur en chef de la revue Israeli Digest.

Mais loin d’une humiliation subie, peut-on aujourd’hui parler d’une faiblesse de l’armée, classée la 13e dans le monde. « Elle semble se fragiliser », précise l’expert militaire égyptien, le général Gamal Mazloum. « La légende s’effondre », dit-il. Depuis le retrait israélien du Sud-Liban sous les coups du Hezbollah, tout le monde le savait. Le point faible d’Israël est bien ses soldats. On raconte qu’ils « allaient pleurer parce qu’ils veulent quitter le bourbier libanais ». C’est la pression des mères de soldats sur le gouvernement israélien qui l’a poussé à se retirer après 22 ans d’occupation du Sud-Liban.

Pour ne pas dire que c’est peu courageux, beaucoup d’experts estiment que le moral des soldats israéliens est souvent assez bas. 40 % des soldats ne sont plus motivés et un nombre indéterminé d’entre eux font défection. Pour les motiver, la commission des affaires étrangères et de la défense à la Knesset avait doublé la solde des militaires. Ceux-ci n’hésitent pas à hisser des enfants palestiniens sur leurs chars pour s’en servir de boucliers lorsqu’ils investissent les villages.

Des failles intrinsèques

Mais n’y a-t-il pas d’autres failles, ceux des services de renseignements au moins ? Ce n’est pas la première fois que le Hezbollah capture des soldats, et même avant la récente opération, le mouvement aurait averti Israël que de tels actes se poursuivront, jusqu’à la libération des otages et détenus libanais dans les geôles de l’Etat hébreu. « Le Hezbollah a réussi à surprendre l’armée par une embuscade soigneusement préparée », a déclaré le général Doron Almog, ancien commandant de la région militaire sud. Un autre responsable militaire, mêlé de près à l’opération israélienne au Liban, a reconnu que le commandement était « très irrité » par les succès du mouvement libanais.

La presse israélienne dans son ensemble critique l’armée pour avoir été surprise. « Un tel scénario aurait dû être mieux étudié ». Beaucoup d’interrogations sur les raisons qui ont conduit à l’état actuel des choses sont lancées. L’une d’entre elles serait la présence de deux hommes non militaires à la tête du pays et de l’armée, Ehud Olmert et Amir Peretz. Mazloum explique que : « Beaucoup d’accusations vont en direction du ministre israélien de la Défense qui manque sûrement d’expérience militaire. La grande responsabilité retombe sur ses épaules ».

Le Hezbollah, ne voulant pas perdre de temps, a décidé de prouver l’incapacité de cet homme qui vient à peine d’accéder à son poste. Selon Mazloum, ce nouveau ministre n’a peut-être pas eu le temps de fouiller les dossiers de son armée, alors que les mouvements de résistance, eux, ont bien appris leurs leçons. A la frontière libanaise, chaque patrouille israélienne était observée, filmée. La routine et les moyens de la casser ont été notés, jusqu’au moment opportun. Un scénario similaire à celui d’octobre 2000, qui s’est soldé également par une capture de soldats israéliens. Personne n’avait vu les préparatifs du Hezbollah. Gad estime que le véritable problème du Tsahal serait son arrogance. Les Israéliens ont trop cru à leur mythe et pris à la légère les forces opposées. Une sorte de négligence mêlée de confiance. Pour répondre à leur bavure, les Israéliens tentent tantôt d’amplifier la capacité de la résistance, en disant par exemple que « le Hezbollah disposerait de roquettes capables d’atteindre Tel-Aviv » et tantôt ils minimisent ses forces et donc les coups donnés à Israël seraient avec l’aide d’autres, l’Iran ou la Syrie. Mais dans l’un ou l’autre cas, les Israéliens doivent toujours se comporter en « victimes » qui ne font que « se défendre » .

Sources : Al Ahram

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans OCCUPATION

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