L'Extrême-Droite entre dans le gouvernement israélien

Publié le par Adriana Evangelizt

Et oui... l'extrême-droite est dans le gouvernement Israëlien. Et cette chère Union Européenne -adepte de la carpette-  à qui une lettre a été adressée pour qu'elle dénonce la chose a répondu -accrochez vous aux branches, ça vaut son pesant d'or- "qu'elle ne pouvait pas interférer dans la constitution d'un gouvernement étranger..." Nous avons cru mal comprendre... Comment ? L'Union Européenne n'a-t-elle pas interféré pour l'Autriche ? N'a-t-elle pas interféré pour le Hamas, gouvernement démocratiquement élu par les Palestiniens ? Pour qui nous prend l'Union Européenne ? De quoi a-t-elle peur en faisant son boulot ? Par qui est-elle infiltrée pour être à ce point servile ? Franchement, ils ont pas honte de sortir des énormités pareilles !

L’extrême droite entre dans le gouvernement israélien

par ABU NIMAH Ali


Par une manœuvre effrayante mais prévisible, le Premier Ministre israélien, Ehud Olmert, a fait entrer le parti Yisrael Beitenu dans la coalition gouvernementale. Avigdor Lieberman, chef de ce parti, doit devenir Vice Premier Ministre et, un membre clé du "Cabinet de sécurité" israélien chargé du dossier Iran sera "Ministre des Menaces stratégiques".

Yisrael Beitenu est un parti extrémiste aux tendances fascistes qui a ouvertement appelé au “transfert” des Palestiniens, y compris le transfert des villes arabes à l’intérieur d’Israël vers une future entité palestinienne ressemblant à un bantoustan.

Il a clairement exprimé qu’un Etat à la suprématie juive était plus important qu’un Etat démocratique. Ce parti, dont la base la plus importante se trouve parmi les immigrants russes amenés en Israël dans les années 90, a surgi lors des élections israélienne au début de l’année, remportant onze sièges sur les 120 de la Knesset israélienne.

L’été dernier, Israël a lancé une désastreuse guerre de destruction contre le Liban et continue d’assiéger et d’assassiner les Palestiniens dans les Territoires occupés, près de 300 personnes tuées en trois mois et des centaines de milliers sans nourriture, ni eau, ni électricité. Lieberman a préconisé des mesures encore plus dures et criminelles contre les Palestiniens et les voisins d’Israël.

Il est consternant que l’Union européenne, acteur international clé, semble vouloir maintenir des relations chaleureuses, normales, avec un gouvernement extrémiste, lui donnant ainsi encouragement et légitimité.

« Vous comprendrez que nous ne pouvons pas interférer dans la constitution d’un gouvernement étranger. C’est de la seule responsabilité de l’Etat concerné », a écrit Cristina Gallach, porte-parole officiel de Javier Solana, Haut Représentant de l’Union Européenne pour les affaires étrangères, dans un email répondant une question sur l’éventualité de sanctions qu’imposerait l’Union européenne à Israël si Yisrael Beitenu rejoignait le gouvernement.

Gallach ajoutait que « Nous pensons qu’Israël et les Palestiniens savent qu’il est de leur responsabilité de créer les conditions favorables de la réactivation du processus de paix, dont le but final est d’arriver à deux Etats vivant côte à côte en paix et en sécurité.”

A part de telles platitudes insipides et cyniques, la porte-parole de Solana n’a fait aucune allusion à une quelconque inquiétude de l’Union européenne sur les développements politiques effrayants en Israël, dont il est certain qu’ils apporteront une escalade de la violence et des souffrances inutiles.

Dans une interview pour un journal israélien en septembre, Lieberman, chef du Yisrael Beitenu, a déclaré : "La vision que je voudrais voir se réaliser ici est l’enracinement de l’Etat juif et sioniste. Je suis tout à fait favorable à la démocratie mais lorsqu’il y a contradiction entre les valeurs démocratiques et les valeurs juives, les valeurs juives et sionistes sont prépondérantes." (Scotsman, 23 octobre 2006).

Lieberman n’est pas seulement favorable au nettoyage ethnique ; il a aussi un long passé d’incitation à la discrimination, à la haine et à la violence contre les Palestiniens à l’intérieur de l’Etat juif et vivant sous occupation militaire à Jérusalem Est, la Cisjordanie et la Bande de Gaza.

Lorsqu’il était Ministre des Transports dans un gouvernement précédent, Lieberman avait demandé que tous les prisonniers palestiniens détenus par les autorités israéliennes d’occupation soient noyés dans la Mer Morte et proposé de fournir les autobus ("Lieberman critiqué pour avoir suggérer de noyer les prisonniers palestiniens", Ha’aretz, 11 juillet 2002).

Il avait proposé de retirer la citoyenneté et d’expulser tout citoyen palestinien d’Israël qui refuserait de signer un serment de loyauté à l’Etat juif sioniste ("Un Etat juif démocratique", Ha’aretz, 28 juin 2002).

En 2002, Lieberman avait déclaré : « Je n’hésiterais pas à envoyer l’armée israélienne dans toute la zone A (la partie de Cisjordanie sous contrôle de l’Autorité palestinienne) pendant 48 heures. Détruire les bases de toute infrastructure militaire de l’Autorité, tous les bâtiments de la police, l’arsenal, tous les postes des forces de sécurité… pas une seule pierre debout. Tout détruire. » Il avait aussi suggéré au cabinet israélien que les forces aériennes bombardent systématiquement tous les centres commerciaux, les postes d’essence et les banques dans les Territoires occupés (The Independant, 7 mars 2002).

Et également de bombarder le Barrage d’Assouan, en Egypte, malgré le traité de paix signé par ce pays avec Israël depuis 1979. Que va-t-il proposer de faire à l’Iran ?

« Peut-être l’homme politique le plus dangereux dans l’histoire de l’Etat d’Israël », selon les termes de Ze’ev Sternhell, professeur à l’Université Hébraïque, universitaire israélien réputé, spécialiste du fascisme et du totalitarisme, cité par le journal Scotsman.

Une action urgente doit être entreprise pour enrayer la menace grandissante que représente Israël pour la paix et la sécurité internationales. Au lieu de cela, le bureau du haut représentant de l’Union européenne ne pose aucune exigence, offrant seulement conciliation et compromis à l’extrémisme et à l’apartheid israélien.

Le postulat que l’Union européenne n’interfère pas dans les affaires internes des gouvernements étrangers n’est que le cache-misère de la lâcheté politique et du refus de résister à Israël et à ses partisans ; c’est en complète incohérence avec les pratiques passées ou présentes, en d’autres occasions.

Depuis que les Palestiniens sous occupation ont élu le Hamas à la tête de l’Autorité palestinienne en janvier dernier, au cours des élections les plus libres jamais tenues dans le monde arabe, il est tout à fait patent que l’Union européenne a interféré dans leurs affaires de la manière la plus irresponsable qui soit, imposant un siège total et la suppression des aides qui ont directement pénalisé la population palestinienne, causant l’expansion de la famine et des privations.

L’objectif explicite de ce siège est de forcer l’Autorité dirigée par le Hamas à abandonner la plateforme sur laquelle il a été élu, ou de le forcer à se retirer complètement. (L’union européenne clame qu’elle veut que le Hamas reconnaisse Israël et en finisse avec la violence, même après que le Hamas ait observé une trêve unilatérale de 22 mois, cessant toute attaque sur Israël, et que ses chefs aient déclaré à maintes reprises qu’ils étaient favorables à la signature d’un accord à long terme avec Israël sur la base de l’égalité et de la reconnaissance mutuelle – pas dans un seul sens).

L’Union européenne, sous la responsabilité personnelle de Solana, a orchestré cette grossière interférence dans le développement de la démocratie palestinienne et le châtiment de ceux qui essayaient de l’exercer.

En 2000, les pays de l’Union européenne avaient adopté une mesure sans précédent en imposant des sanctions diplomatiques contre l’un de leurs propres Etats membres, l’Autriche, après que la Parti de la Liberté, d’extrême droite, ait rejoint le gouvernement à la suite des élections.

Bien que de nombreuses voix aient critiqué l’Union européenne pour ingérence dans les affaires internes d’un pays démocratique, l’un des plus fervents supporters pour les sanctions n’était autre que Javier Solana, qui avait déclaré alors : « Je pense que l’Europe a donné le très bon exemple que, dans certains cas importants – qui ont à voir avec les principes, les valeurs – il n’y a pas de place à un compromis » (« Des sanctions frappent l’Autriche », Reuteurs, 4 février 2000).

Mais quand il s’agit pour les Etats membres de l’Europe de prendre leurs responsabilités et de tenir Israël pour responsable de ses violations constantes de l’Accord d’Association UE-Israël, de la Quatrième Convention de Genève, de nombreuses résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies, et des règles humaines fondamentales, on ne trouve plus aucun des principes dont Solana et autres puissants étaient si fiers de se vanter.

Dans ce vide moral et politique, il est encore plus urgent de prendre en compte l’appel de de la société civile palestinienne demandant de rejoindre la campagne qui s’amplifie de boycott, désinvestissement et sanctions globales.

Publié dans LES COLONIALISTES

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L
Je partage votre antipathie à Liberman et son racisme. Par contre, vous glissez dans votre article de nombreuses fausses vérités. Par exemple quand vous dites du Hamas : "..et que ses chefs aient déclaré à maintes reprises qu’ils étaient favorables à une signature ... sur la base de ... la reconnaissance mutuelle" ... pouvez vous m'envoyer les sources de ces nombreuses déclarations, car à mon avis vous n'avez pas compris que le Hamas (aussi) est un parti extremiste et anti paix. vous trouverez mes sources et leurs déclarations sur paix-equitable.lu, cherchez "Hamas".<br /> <br />
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A
Cet article contient peut-être de fausses vérités pour vous mais il faut quand même admettre que l'on exige du Hamas qu'il RECONNAISSE Israël alors qu'Israël n'a jamais reconnu la Palestine, continue d'agrandir ses frontières en pratiquant la colonisation rampante qui n'en finit pas de s'étendre. Tout cela pour une simple raison. C'est que le Sionisme ne veut pas de Palestine. Depuis le temps que le cinéma dure, on a tout compris. Je vous conseille de lire cet article très instructif sur la Reconnaissance...<br /> http://palestine.over-blog.net/article-4188551.html<br /> qui parle notamment de la résolution 181... où il est dit :<br /> "Ce texte ne pouvait pas, ne peut toujours pas jusqu'à nos jours, transférer le titre détenu par les Palestiniens au profit d'un autre peuple, même si on a conféré à ce dernier le caractère d'un État. <br /> On en arrive ainsi, en refusant les approximations pratiquées depuis des décennies, à conclure que la validité en droit international de la création d'Israël dans les frontières de la résolution 181 ou dans les frontières d'avant la guerre de 1967 (ce point est évidemment aux mains des Palestiniens) dépend de l'acquiescement donné par le peuple palestinien et ses représentants, toujours détenteurs d'un droit inaliénable. Les Israéliens doivent sacrifier leur orgueil théocratique et renoncer à l'idée dans laquelle ils se sont enferrés que leur terre leur aurait été donnée par Dieu. Et c'est par cette normalisation acceptée qu'ils aideront les Palestiniens à faire barrage à la montée chez eux de l'extrémisme et du fondamentalisme."<br /> Tant que le Sionisme dirigera Israël, il n'y aura jamais de frontières délimitées pour la Palestine, jamais de Paix, que du sang et des larmes. Pour les DEUX PLEUPLES. Voilà la vérité. <br /> Adriana Evangelizt