La guerre du Liban
Et puisque le Liban est encore en proie à la destruction, voici une excellente analyse de notre remarquable historien -mais si... mais si...- Jacques Decourt qui nous entraîne dans la première guerre du Liban... les causes... les enjeux... et sa cohorte de victimes dont l'invasion actuelle n'est qu'un bis repetita...
LA GUERRE DU LIBAN
par Jacques Decourt
Du même auteur
Autoproclamation de l'Etat d'Israël
"Le talon d'Achille de la coalition [Pays Arabes], c'est le Liban. La suprématie musulmane dans ce pays est artificielle, et peut aisément être renversée ; un Etat chrétien doit être instauré en ce pays. Sa frontière sud serait la rivière du Litani.
Mai 1948. Ben Gourion "Journal »
Le gouvernement libanais avait, par les accords du Caire du 3 novembre 1969, reconnu le droit de cité à l’OLP, ainsi que son extra-territorialité. Environ 140.000 Palestiniens s’étaient réfugiés dans le Sud du Liban. Puis la guerre des six jours provoqua un nouvel afflux.
La guerre du Liban en 1982 est la première guerre strictement israélo-palestinienne : elle fut précédée en 1981 de l'opération "Litani" qui avait repoussé au-delà de ce fleuve les forces palestiniennes et établit un "Etat du Liban-Sud" dirigé par un fidèle d'Israël, l'officier libanais Saad Haddad, la guerre est déclenchée en 1982 par Israël dans la perspective de détruire l'O.L.P. qui a rassemblé des forces importantes au Liban d'où elle lance ses commandos pour commettre des attentats en Israël, attentats auxquels ne répondaient jusqu'alors que des bombardements-représailles. À noter aussi que la guerre civile entre chrétiens et musulmans sévissait au Liban depuis 1975.
Chronologies
Le déséquilibre économique, démographique, mais également politique entre les différentes communautés coexistant dans la région contribua à l’éclatement de la guerre du Liban. Beyrouth vit s’affronter les communautés religieuses, les partis et les milices locaux, mais aussi les armées syrienne et israélienne. Dès avril 1975, des accrochages entre phalangistes et membres de l’OLP marquèrent le début d’une guerre longue de quinze années. Le conflit coupa Beyrouth en deux, et déchira aussi les différents quartiers. La ville et sa périphérie, où se trouvaient les camps de réfugiés palestiniens et ses combattants, étaient la proie de différentes factions : les sunnites, les chiites, les Druzes, les maronites et les combattants palestiniens qui contrôlaient chacun une portion de territoire à l’intérieur de la ville. Avec l’approbation de la droite chrétienne, le président Frangié demanda en 1976 l’intervention de la Syrie, qui trouva là l’opportunité d’occuper le pays et surtout d’endiguer la montée en puissance des Palestiniens, dont le projet national constituait un obstacle à la formation d’une “Grande Syrie”. Le 16 octobre une conférence se tint à Ryad qui entérina la présence des troupes syriennes sur le sol libanais et mit fin aux hostilités.
L’intervention étrangère
Dès le mois de mars 1978, Israël envahit le sud du Liban pour tenter de détruire les bases palestiniennes qui furent repoussés au nord. Les Nations Unies envoyèrent alors une force d’interposition : la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), mais Israël maintint son soutien aux maronites et ses attaques contre les bases de l’OLP au Liban. Le régime des mollahs soutint sans discontinuer la milice chiite islamiste du Hezbollah et les groupes terroristes du Jihad islamique, qui multiplièrent les attentats au Liban mais aussi en Israël. En 1981, la Force arabe de dissuasion affronta des milices, soutenues par Israël. Les combats se multiplièrent jusqu’à l’établissement d’un cessez-le-feu le 24 juillet 1981. Les forces syriennes contrôlaient le Nord et la plaine de la Bekaa, tandis que le Sud et Beyrouth-Ouest étaient aux mains des progressistes et de l’OLP. En octobre, deux mois après sa nomination, Sharon, Ministre de la défense, ordonnait à son Etat-Major de préparer un projet de guerre au Liban. Avec plusieurs objectifs : délivrer les Israéliens vivant dans le nord du pays de la menace des bombardements palestiniens basés au sud du Liban, et éliminer militairement et politiquement l’OLP à Beyrouth. Le gouvernement n’approuva pas ce projet.
Le 3 juin 1982, un terroriste de la bande d’Abou Nidal blessait grièvement à Londres l’ambassadeur d’Israël. En représailles, le gouvernement israélien ordonna le bombardement des bases et des dépôts de munitions de l’OLP à Beyrouth qui répliqua en bombardant le nord d’Israël. En réunion de crise le gouvernement israélien décida l’envoi de troupes au Liban.
Dès le mois de mars 1978, Israël envahit le sud du Liban pour tenter de détruire les bases palestiniennes qui furent repoussés au nord. Les Nations Unies envoyèrent alors une force d’interposition : la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), mais Israël maintint son soutien aux maronites et ses attaques contre les bases de l’OLP au Liban. Le régime des mollahs soutint sans discontinuer la milice chiite islamiste du Hezbollah et les groupes terroristes du Jihad islamique, qui multiplièrent les attentats au Liban mais aussi en Israël. En 1981, la Force arabe de dissuasion affronta des milices, soutenues par Israël. Les combats se multiplièrent jusqu’à l’établissement d’un cessez-le-feu le 24 juillet 1981. Les forces syriennes contrôlaient le Nord et la plaine de la Bekaa, tandis que le Sud et Beyrouth-Ouest étaient aux mains des progressistes et de l’OLP. En octobre, deux mois après sa nomination, Sharon, Ministre de la défense, ordonnait à son Etat-Major de préparer un projet de guerre au Liban. Avec plusieurs objectifs : délivrer les Israéliens vivant dans le nord du pays de la menace des bombardements palestiniens basés au sud du Liban, et éliminer militairement et politiquement l’OLP à Beyrouth. Le gouvernement n’approuva pas ce projet. Le 3 juin 1982, un terroriste de la bande d’Abou Nidal blessait grièvement à Londres l’ambassadeur d’Israël. En représailles, le gouvernement israélien ordonna le bombardement des bases et des dépôts de munitions de l’OLP à Beyrouth qui répliqua en bombardant le nord d’Israël. En réunion de crise le gouvernement israélien décida l’envoi de troupes au Liban.
Paix en Galilée
Le 6 juin, Ariel Sharon en accord avec Begin lança l’opération “Paix en Galilée”, ce raid ne devait s’effectuer que jusqu’à 40 km au-delà de la frontière avec le Liban. Cette distance fut dépassée puisque les troupes de « Tsahal », elles parvinrent jusqu’aux faubourg de Beyrouth quelques jours après et dans laquelle furent engagés jusqu’à 100.000 soldats qui traversèrent la ligne d’interposition tenue par la FINUL et assiégèrent Beyrouth. Ils rejoignirent les Forces libanaises de Gemayel. L’opinion publique israélienne commença à soupçonner le gouvernement de lui avoir caché la vérité et réclama la démission du ministre. En effet le 14 juin le chef d’Etat major Eitan annonça la mort de 170 soldats, quelques jours plus tard le général Nativ parlait de 214 morts. Une manifestation eut lieu, réunissant 800 militants du mouvement “La paix maintenant”, suivie d’une autre qui compta des milliers de personnes. Ces manifestations reçurent l’appui d’une partie de l’armée exigeant de ne servir que sur le seul territoire israélien. Une pétition fut signée par 80 soldats et officiers, en voici les termes : “Il y a eu trop de morts parmi nous et à cause de nous au Liban, trop d’occupations, de bombardements et de dévastations”. Ces dernières critiques qui se renouvelleront dans le futur, furent passées sous silence. Pendant douze jours, la ville où était retranchée l’OLP, fut soumise à des bombardements intensifs. Le 20 août, un cessez-le-feu était obtenu par les Etats-Unis. Près de 15 000 combattants de l’OLP furent évacués par les flottes des pays occidentaux. En mai 1983, un accord prévoyait la fin de l’état de guerre et le retrait des forces israéliennes, conditionné par celui des Palestiniens et des Syriens. Israël conservait cependant un droit de police au Liban Sud.
Dès le moi de juin Moshé Dayan déclarait « tout ce qu'il nous reste à trouver, c'est un officier, même un simple capitaine. Il faudrait le gagner à notre cause, l'acheter, pour qu'il accepte de se déclarer le sauveur de la population maronite. Alors, l'armée israélienne entrerait au Liban, occuperait les territoires où elle établirait un régime chrétien allié à Israël, et tout marcherait comme sur des roulettes. Le territoire du sud du Liban sera totalement annexé à Israël." (M.Sharett)
Quelques mois plus tard, conformément aux plans, Bachir Gemayel était élu président du Liban. Le 14 septembre il se rendit aux quartiers généraux des Phalanges chrétiennes à Beyrouth. Une bombe déposée éclata, télécommandée, l’immeuble s’effondra. Le corps de Gemayel fut découvert cinq heures plus tard. Les dirigeants israéliens l'attribuent immédiatement à l'O.L.P. et envahissent le Liban pour y détruire les bases de l'O.L.P.
Un rapprochement peut être tenté, selon R.Garaudy, entre les méthodes provocatrices comme la « Nuit de cristal » en 1938 en Allemagne et cet attentat. Et celui commis par Abou Nidal (voir plus haut). Madame Thatcher n’ira pas aussi loin, mais ne craindra pas d’affirmer : “Je ne crois pas que l'attaque israélienne sur le Liban soit une action de représailles consécutive à cet attentat : les Israéliens y ont trouvé un prétexte pour rouvrir les hostilités”.
Les services secrets syriens ont toujours été montrés du doigt et la théorie soutenue par les pro-Bachir, comme quoi Israël serait le commanditaire de l'assassinat, car trouvant son allié peu coopératif n'a su tenir la route, étant en contradiction totale avec la réalité de la situation et des faits de l'époque.
L'invasion du Liban a coûté la vie à plus de 12.000 à 20.000 civils, fait quelque 30 000 blessés et a laissé 200 000 personnes sans abri.
Elle fut pour Israël l’occasion de porter un coup spectaculaire au nationalisme palestinien. Entre autres objectifs, les troupes devaient s’emparer d’un immeuble qui abritait le centre de recherches de l’OLP où étaient conservés livres et documents retraçant l’histoire de la Palestine, des villages et des familles arabes avant 1948 et des événements marquants de cette période. Tout fut expédié en Israël et dûment décortiqué pour n’être rendu que 14 mois plus tard à la demande express de l’OLP qui en faisait l’une des conditions de la libération de six soldats israéliens. Le spectacle, pour un historien européen témoin du spectacle, fut attristant car tout était détruit. Etant donné qu’il n’existait pas de bibliothèque nationale, les intellectuels palestiniens avaient fait de leur mieux pour rassembler des documents, journaux datant du mandat britannique, microfilms des journaux israéliens, des dossiers de la Knesset. Au retour de ces documents tout fut microfilmé et mis en sécurité aux Etats-Unis, mais certains vieux livres avaient disparus. C’était comme si l’Etat hébreu, à travers ses services secrets, avait volé le passé et l’identité des Palestiniens et nié à la Palestine la possibilité d’avoir des archives historiques, de les dépouiller de leur histoire parce que dérangeante pour lui.
« Raisins de la colère »
En avril 1996, répondant à des attaques du Hezbollah, Israël lança l’opération “Raisins de la colère”. L’aviation israélienne bombarda les bases, ainsi que des objectifs civils au Liban, jusque dans le Sud de Beyrouth, dans la localité de Qana, où 107 civils libanais trouvèrent la mort sous les bombardements, alors qu’elles s’étaient réfugiées dans un camp de la Finul. Ce qui constitue là aussi, aux yeux des arabes et de l’opinion mondiale, un véritable crime de guerre. Un nouvel accord de cessez-le-feu fut négocié le 26 avril, sous l’égide des Etats-Unis et de la France. La résolution 425 du Conseil de sécurité de l’ONU exigea le repli de l’armée israélienne du Sud Liban qui ne fut effectué que plus tard sous le gouvernement de Barak. Le 24 mai 2000, le dernier soldat israélien quitte la zone, en laissant sur place 130.000 mines (le problème des mines sera examiné chapitre... ). Ce n’est qu’au mois d’août que les casques bleus de la Finul se redéploieront dans la zone évacuée.
Nous connaissons la suite
Posté par Adriana Evangelizt